Tu es le Tu

je-suis-toi

Je suis bonne élève. Je visionne tout ce qui me tombe sous la main, je m’intéresse à tous les courants de pensées, je scrute toutes les expériences, dès lors qu’il s’agit de développement personnel, je n’écarte aucune piste.

Forcément j’ai lu sans relâche ce qui se rapporte à l’amour de son prochain, je suis allée embrasser Amma, j’ai étudié tout mon Desjardin, j’ai fréquenté les bouddhistes et je sais que nous faisons partie d’un grand tout, que toi c’est moi et vice-versa.

Au nom de ce sage principe j’ai su trouver en moi des ressources insoupçonnées. J’ai pardonné à tous. Ceux qui m’ont juste vaguement blessée comme ceux qui m’ont fait vivre des atrocités. Ceux qui m’ont jeté un simple regard de travers comme ceux qui en voulaient carrément à mon intégrité physique. Et puis doucement j’ai appris aussi à me pardonner, pour mes maladresses, mes gestes inconsidérés, mes pensées pas catholiques, mes mauvaises actions.

Alors je croyais naïvement être devenue meilleure.

Et un jour je tombe sur cette vidéo de Laurent Levy, ancien chanteur à succès passé des salles de Broadway à la spiritualité, qui gagne à être connu. Pas seulement parce qu’il est mimi, parce qu’il appuie son enseignement sur le cours en miracle et que nombre de ses vidéos sont éclairantes.

Et là le choc.

Il t’explique que le truc qui consiste par exemple à pardonner ton voisin qui t’a fait c…. pendant quinze ans parce que tu es enfin plus éééééééééélevé spirituellement n’est que la version judéo-chrétienne du pardon. Parce qu’il suppose la notion de culpabilité et de donner raison à quelqu’un. Cela suppose aussi d’avoir quelque chose ou quelqu’un à pardonner.

Or si nous ne faisons qu’un, ce quelqu’un n’existe pas,  et comme c’est également moi qui donne tout le sens à ce que je vois, ce quelque chose n’existe pas non plus, le pardon devient un terme vide de sens. Au lieu de « Je te pardonne» se dessine éventuellement un « Je me pardonne d’avoir cru que tu as fauté. »

J’ai sûrement perdu quelques lecteurs en route. Je poursuis tout de même.

La première fois que je l’ai entendu dire ça ni une ni deux je lui ai écrit, très en colère. Comment ? Une personne qui vous coupe un bras n’aurait pas à être pardonnée alors ?

Ben non.

C’est fort ça tout de même. J’ai mis plus d’un an à commencer à intégrer l’idée. Et il aime ça Laurent, jouer avec nos idées. Son plus grand conseil : ne rien faire. Bon je te laisse découvrir le bonhomme.

Ce que je voulais te raconter au sujet du pardon aujourd’hui, c’est que précisément, c’est un concept. C’est-à-dire que tu as juste à être bien avec toi, puisque toi, ce sont les autres. Et partant de là, toutes les croyances comme quoi tu dois être ceci ou cela, faire ceci ou cela, au nom du pardon, ne veulent rien dire. La seule chose qui peut véritablement guider ta vie, c’est la recherche de ton propre alignement. Un terme un peu new age qui signifie simplement être en accord avec soi, guidée par son SOI. Si j’écris cet article c’est parce que j’en ai assez d’entendre autour de moi des « il faut que je fasse ça pour rester dans l’amouuuuuuuuurrrrrrr », quitte à se créer un ulcère à l’estomac.

Non tu ne dois rien à personne parce que … il n’y a personne d’autre que toi. Je sais la pilule est un peu difficile à avaler au début. Mais essaie de suivre ton propre chemin, de ne plus t’infliger des « je dois pardonner », des « je dois être pardonné », des « je dois vivre en paix avec touuute la création » et tu sentiras un immense pouvoir libérateur s’insinuer en toi. Avant de prétendre faire la paix avec le monde entier, fais la paix avec toi, je te le redis encore, TU es le monde entier.

Ce que j’écris est un conseil que je me donne quotidiennement à moi-même. Combien de souffrances nous infligeons-nous en attendant encore et encore de pardonner à tous « ceux qui nous ont offensés » comme on dit, combien de maltraitances envers nous-mêmes au nom d’une relation à « préserver à tout prix », au nom de la culpabilité pour tout pour rien.

Je commence à comprendre. Que vivre sa vie n’a rien à opposer à un autre concept qu’on va alors te brandir sous le nez : l’égoïsme. Ecoute bien ça : en ne te perdant pas dans les concepts stériles de pardon, en t’épargnant les relations toxiques, fussent elles familiales (oh sacrilège), en écoutant ton inspiration première, tu seras en paix avec toi. Et tu fais alors la seule chose sensée à faire pour contribuer au monde, rien. Rien d’autre qu’être toi.

Ça suffit ?

Oui ça suffit.

Va vers ce qui te nourrit, dans tes actions, dans tes loisirs, dans tes amours, dans tes amitiés, dans chaque instant du quotidien observe seulement si cela te fait du bien, ou pas. Tu ne seras pas un vilain petit être égocentré, tu seras la personne responsable de toi-même et de ton bien-être. Et cela t’amènera précisément à nouer un nombre infini de relations épanouissantes avec « les autres toi » que tu attireras alors spontanément dans ton univers.

Crée ton univers ! Tue le tu !

 

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PS : Que les adeptes de Miguel Ruiz ou du Ho’oponopono n’y voient pas un affront, ce que j’écris aujourd’hui ne retire rien aux bienfaits de ces pratiques, il s’agit juste de savoir quelle signification on donne alors au mot « pardon » utilisé dans ces cas précis.

25 commentaire sur “Tu es le Tu

  1. Waouh ! Florence, quelle idée ! Faut que j’y réfléchisse ! Mais comme cela paraît sensé quand on y pense ! (moi qui ne met jamais de point d’exclamation de peur d’être mal comprise, ça en fait quand même 4 dans une seule ligne, lol, bon, c’est que c’est tout nouveau comme idée pour moi… lol)

    1. Bonsoir Anne (ou plutôt rerebonsoir, on ne se quitte plus pas vrai ?) Oui l’idée reste encore très nouvelle pour moi et j’ai encore beaucoup mon mental qui me crie : voyons voyons ma p’tite dame, vous y croyez vous, à l’inexistence même du concept du pardon ? faut dire qu’on nous bassine bien avec ça hein … Merci pour ton commentaire et l’intérêt soutenu que tu portes à ce blog, ça me fait bien plaisir.

  2. Hello et bé moi je vais le voir en chair et os ce Laurent, pour 3 jours avec ma pote, ma sister d’âme, pendant 3 jours dans l’Aude, j-8.
    Cool Broadway, c’est ma future destination, il va pouvoir me briefer.

  3. Coucou Florence

    Ben vois-tu moi depuis 3 ans que je m’intéresse au développement personnel, j’ai surtout appris à me respecter et donc à m’aimer MOI en premier.
    Je n’ai pas pardonné à certaines personnes même s’il est vrai que parfois je me suis dis que je devrais le faire mais mon plexus solaire me dit non, en tout cas pas pour l’instant. Alors je laisse passer et peut être un jour….
    Au contraire ma dernière découverte c’est que parfois il faut dire ses 4 vérités à une personne pour se faire respecter, lui rendre service et ne pas passer pour le pigeon de service. Et je t’assure que ce que j’ai expérimenté il y a 2/3 semaines au boulot à été très violent pour moi mais non seulement la personne a entendu, elle a compris et en plus elle a totalement changé d’attitude envers moi.
    Magique !!

    1. Et bien je te félicite d’avoir compris cela très tôt. Ne pas placer le pardon avant son bien-être personnel m’est venu beaucoup plus tard. Et maintenant que j’ai compris ça, c’est donc, comme je l’écrivais, le concept même de pardon qui me semble usurpé.
      C’est vraiment juste bon à culpabiliser les gens.
      Culpabilité de ne pas y arriver (à pardonner), douleur de ne pas l’être (pardonné), le tout avec l’injonction selon laquelle tu n’as rien compris à l’amour et tu ne vivras jamais en paix sans cela. Pour moi la paix vient quand ce concept même est mis à la corbeille. D’ailleurs j’ai déjà vu des reportages avec des témoignages surprenants genre : « jamais je ne lui en ai voulu d’avoir tué mon enfant ». Et l’animateur d’ajouter : « comment avez-vous pu pardonner si vite au milieu de cette douleur immense ? »
      Ben ce cas illustre bien pour moi le fait que justement une personne qui se sent immédiatement en paix avec le meurtrier ne peut l’être au nom du pardon. C’est plutôt comme si elle avait instantanément reconnu la personne comme étant une autre part de lui. Souvent dans ces exemples il n’est pas rare que victime et meurtrier se rencontrent au sein de la prison. Pour moi ce n’est pas du pardon, c’est une traversée de miroir.

  4. ouhlala, j’avoue humblement que j’ai pas tout tout compris le discours (euphémisme), du coup je vais me contenter de ce commentaire profond : tu as raison, l’est mimi Lolo.
    Bisous Flo

    1. Coucou Géraldine, j’avoue que je ne comprends pas exactement la question non plus. Cet article ne parle pas de ce qu’on fait d’un criminel. Il est responsable de ses actes aux yeux des hommes et aura les sanctions prévues par cette même justice des hommes. Je ne dis pas non plus que ce n’est pas vrai. Je parle de la perception qu’on a de cet acte. Y’a t-il quelque chose à pardonner ? Le mot pardon lui-même a t-il un sens ? Quel regard porte t-on sur ces actes ? Car de cela nous sommes responsables, de notre regard. Je renvoie d’ailleurs à l’excellente lecture du journal intime d’Etty Hillesum. Cette jeune femme a terminé sa vie dans les camps de la mort et a vu de la beauté partout jusqu’au dernier moment, au milieu de l’horreur, même chez ses bourreaux (c’est une expérience vécue, pas un concept). Sinon, comme Laurent Levy explique les choses mieux que moi, je renvoie aussi à ce bel article que je découvre moi même ce soir en cherchant à te répondre au mieux. Après bon, cet article n’engage que moi, je m’adresse directement au lecteur par choix d’écriture mais ce n’est que le fruit de mes propres cogitations. J’espère avoir un peu répondu.
      http://lejour-et-lanuit.over-blog.com/2015/05/tout-est-regard-laurent-levy.html?utm_source=flux

      1. Certes. Certains ont d’extraordinaires capacités de résilience. Etty Hillesum, dont on ne parle seulement que maintenant, est un modèle en la matière. Mais tout de même… Pardonner, c’est aussi pardonner au criminel quand on a eu la malchance de le croiser dans sa vie qu’il a dévastée… Alors, quand j’entends que « ce que je dois pardonner n’est pas vrai », « que ce n’est qu’une perception », cela me fait quelque peu bondir. J’ai encore récemment écouté le témoignage de Corneille qui a vu toute sa famille massacrée sous ses yeux et qui a déclaré avoir mis beaucoup de temps à commencer à pardonner et que ce serait le travail de toute une vie. Je comprends bien dans son témoignage ce qu’implique la notion de « pardon » au sens de résilience, nécessaire pour avancer et porter « ses morts ».
        Je crois qu’on mélange tout dans cette notion de pardon. Certes, il peut y avoir l’attitude de l’autre que j’interprète comme « mauvaise », et donc « cela n’est vrai » ou « cela n’est vrai que dans ma réalité » et le fait objectif de perdre toute sa famille en trois secondes sous la hache d’un bourreau. Là, ce n’est plus la même échelle et, je m’excuse, mais il n’y a pas plusieurs perceptions à avoir… Le mal est le mal. Il existe, malheureusement. Tout n’est pas relatif à soi. Et tout le monde n’a pas les mêmes capacités de résilience qu’Etty Hillesum ou Corneille. Un autre gigantesque écrivain, Primo Levi, par exemple, s’est suicidé car il est resté hanté par les camps. Et toucher à la question du pardon, c’est toucher aussi à ces questions-là, à ces drames-là, essentiels, ce que Laurent Levy malheureusement n’aborde pas à mon sens, ce que je trouve fort dommage car si on veut pousser le raisonnement philosophique, il faut le pousser même jusque là, jusqu’aux racine du mal commis par l’homme… Alors non, je ne suis pas d’accord avec ce qu’il dit… ou alors, je ne l’ai pas compris. Et à la limite, ce qu’il dit me choque. Dans la vie, tout n’est pas question que de « réalité individuelle ». Après, chacun se débrouille comme il peut et fait comme il peut avec ce qu’il vit ou a vécu, croyant ou pas croyant… L’impardonnable, le pardonnable, le pardon chrétien, non chrétien, tout cela est vaste et mérite grande attention psychologique, philosophique, existentielle, métaphysique, spirituelle…

        1. Je comprends ce que tu exprimes et dans un sens ma réaction en écoutant Levy la première fois a été la tienne (même très violente limite révulsée), d’autant que j’en avais gros sur l’estomac. Maintenant chacun reagit en fonction de ses propres expériences. Personnellement j’ai précisément un parcours très chargé en résilience. Et ne plus avoir à être dans le « je dois lui pardonner » m’a fait faire des bonds de géants. Qui suis je pour « accorder mon pardon ? » Et je ne crois pas qu’il y ait une graduation dans l’horreur. C’est d’ailleurs en se saisissant de ces arguments que la France a longtemps refusé l’abolition de la peine de mort, en disant par exemple : oui mais quand même un tueur d’enfant c’est plus grave il a détruit trop de vies pour le garder nous, en vie.
          Comme beaucoup j’imagine je suis terrifiée quand j’écoute Corbeille ou les récits des camps (je suis assez obsédée par les récits du Rwanda pour tout dire). C’est d’ailleurs la première chose que j’ai faite lors de ma première année d’enseignement, inviter un ancien résistant à témoigner devant mes cm2. Je ne suis donc pas dans le déni. Juste, comme tu l’expliques super bien, on peut voir avec les yeux d’Etty H ou ceux de Primo Levi. Qu’est-ce qui fait qu’on va être capable de l’un ou l’autre regard, je n’en sais rien. J’essaie juste, dans cette quête de joie, de trouver mes propres réponses.
          Merci infiniment pour tout ton partage, il me donne à réfléchir et nous enrichit d’un bel échange.

  5. Tûtafait!
    Un très bel article!

    N’empêche, il doit être plus facile de mettre ça en application quand on sent dans nos tripes que la personne en face est « un » avec nous, de même que la chaise et le trombone. En vrai, si on ne le ressent pas « physiquement », facile de se prendre pour un(e) gros(se) égoïste… C’est le genre de chose qui doit venir à nous, je crois… Ne pas se forcer à le mettre en application si on sent que ça bloque…

    Je dis ça parce qu’il y a tellement de pratiques où il s’agit plutôt de persévérer pour ensuite s’assouplir! Alors qu’ici c’est plus comme « pouf, la compréhension survient ».

    Des bisous!

    1. Merci de nous partager ta perception en cet instant. J’ai ressenti un truc agréable dans mon ventre lorsque tu as ecrit : « pouf la compréhension survient. »
      Oui on ne peut pas forcer le processus. C’est tout sauf un travail en force.
      Merci.

  6. Echange de ce matin avec Laurent Levy que je vous livre, à vous d’y prendre ce qui est bon pour vous et de laisser le reste :

    Florence :
    Cher Laurent, je viens d’avoir un échange intéressant sur mon blog avec une lectrice. J’ai besoin de votre éclairage. Nous parlions du pardon. J’écrivais en substance que le concept même de pardon est vide de sens. Que tout est question de regard, de perception.
    Or on m’oppose la réalité de l’existence des crimes les plus terrifiants (Shoah, Rwanda…). Qu’ils sont bien réels, ne sont pas le fruit de notre « création ». Qu’on ne peut les comparer avec le pardon de son voisin, qu’il y a une graduation.
    Je ne parviens pas clairement à trouver comment exprimer ce que je ressens, à savoir la remise en question même de ce concept.
    Pourriez vous m’aider à clarifier ma pensée autour de l’inexistence du pardon et ce sur la base des pires crimes commis ?
    Merci à vous

    Laurent E Levy :
    Bien sur que cette compréhension, dans ce partage, que tout est bien et pas grave ne sera pas compris autrement qu’à la lumière de ce que nous sommes vraiment. Si on considère ces choses à partir de la personne que nous croyons être, c’est un outrage complet de passer au travers ces atrocités comme si elles n’avaient pas eu lieu alors qu’on y croit dur comme fer. C’est un noeud mental tant qu’on y reste , dans le mental. En revanche il y a une lumière qui reconnaît les atrocités pour ce qu’elles sont, mais n’y croit pas puisqu’elle est éternelle et invincible. S’en rapprocher ou la réaliser est la réponse que vous Recherchez en réalité. Tout comme votre interlocuteur. Car en connaissant votre réelle identité en tant que cette lumière vous la connaissez chez l’autre et votre regard sur les choses s’aligne alors. Ce qui semblait important ne l’est plus.

    Florence :
    Wow merci pour cette réponse rapide et … lumineuse. La difficulté à reconnaître sa véritable identité n’en est pas moins grande mais l’éternel et l’invincible qui n’y croient pas, ça me parle. Chic alors ! Bonne journée.

  7. C’est sûr. La lumière est invincible. C’est toujours Elle qui gagne avec le temps… Je dis bien  » avec le temps  » mais tant qu’on est dans l’épreuve, on endure l’épreuve et la lumière paraît loin et on ne voit pas la raison de tout ça. Et la lumière met parfois beaucoup de temps pour émerger. Et on n’a pas tous, hélas, les mêmes bagages psychologiques et spirituels pour résister, le temps de l’obscurité. Primo Levi s’est suicidé bien après sa sortie des camps. Simone Weil a surmonté cette expérience et l’a transformée en combat. Personnellement, je reconnais que je suis incapable de pardonner à certains/certaines, que je n’en ai absolument pas la force et je demande à Dieu (car je suis croyante) qu’Il le fasse à ma place. C’est tout. Et je me dis que Lui seul détient les clés de tout ça…
    Je te remercie d’avoir posé cette question à Laurent Lévi qui y a apporté sa réponse. J’ai encore du mal à l’assimiler. C’est peut-être que le temps n’est pas encore venu, que je comprendrai plus tard… ou pas ! Merci en tout cas.

    PS : Perso, je pense que la peine de mort ne résout rien à la problématique immense du pardon. Elle ne fait que perpétuer la violence et donc la chaîne des « situations à pardonner » pour les familles du « bourreau » et de la « victime ».

  8. Lis ses nouvelles comme Lilith. Elles sont MAGNIFIQUES. Et si tu as le moral, « Si c’est un homme », uniquement si tu as le moral car c’est son autobiographie sur les camps, avec un très beau poème en préface que j’ai fait étudier à mes élèves de Première quand l’autobiographie était au programme du Bac (jadis au bon vieux temps).

  9. De toute façon, combien de fois ai-je pensé avoir pardonné alors qu’il n’en était RIEN. J’ai décidé de ne plus penser à ça, au pardon, car me forcer à faire cette démarche me rendait malade. Il est parfois SURHUMAIN de pardonner. Par conséquent, c’est le travail de Dieu, de L’Univers, du Grand Boss de le faire, je pense…

  10. J’ai adoré Si c’est un homme. Primo Lévi a survécu aux camps grâce à son extraordinaire intelligence. Il n’a pas survécu au retour à la vie normale. Il est la preuve que la libération peut être un choc plus grand que l’emprisonnement car il avait épuisé toutes ses facultés d’adaptation à ce moment-là.
    Je dirais que je préfère encore être en colère sans me miner. Pardonner pour être à nouveau blessée, merci bien !

  11. Oui, je voulais rajouter pour la fin que je suis d’accord avec toi : je ne souscris pas du tout à l’obligation de pardonner. Ce n’est pas un devoir et on ne le fait que si on le peut… C’est déjà assez dur de traverser l’épreuve ; on ne va pas se rajouter un défi supplémentaire sinon, on prolonge la maltraitance, et cette fois-ci de soi envers soi. En revanche, la vidéo me semble toujours hermétique, même après l’avoir réécoutée…

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