Something new

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Toi aussi tu l’as sans doute employée, les jours de tuile, la fameuse expression c’est pas la joie !

Ben figure toi que depuis trois jours je tente de surmonter une nouvelle phase d’asthénie profonde. Le genre de symptôme qui te laisse te dépatouiller avec le tonus d’un spaghetti et le cerveau d’un poireau. Note bien que je n’ai jamais lu aucune étude sur le cerveau des poireaux mais une chose est certaine, j’étais à deux doigts de prononcer la dite expression, al dente que j’étais.

J’ai bien failli craquer hier après trente secondes passées à tenter vainement de visser le gobelet plastique du mixeur sur un pot de moutarde, avant de réaliser l’incongruité de ma démarche. J’ai bien failli craquer ce matin aussi quand mon corps me donnait la sensation de se consummer tout entier de l’intérieur, épuisé.

Je suis fière de t’annoncer qu’en tant que missionnaire de joie, portant toute la responsabilité de ce blog sur mes épaules, je n’ai pas prononcé la phrase fatidique !

Ce serait pour moi une régression que d’opposer les jours de joie aux jours sans joie. Parce que tu le sais comme moi, traverser l’existence avec une succession de nouvelles agréables à accueillir et rien d’autre, ça n’existe pas. Par contre les maîtres ascensionnés maîtrisent l’équanimité. C’est ce truc dont parlent tous les bouquins de sagesse, qui te permet d’atteindre un tel niveau de conscience que tu ressens la joie dans toutes les situations.

Ok, je n’en suis pas là, n’exagérons rien. Je n’ai pas encore prévu d’ouvrir un ashram. Alors qu’est ce que je fais lorsque mes lèvres brûlent de conclure à une journée sans joie ? Je te partage ma p’tite astuce, afin d’éviter toi aussi d’utiliser ce fameux c’est pas la joie dès que tu traverses un moment plus rude que les autres. Le dire ne fait que créer un sentiment de victimisation et d’impuissance, la vibration la plus basse qui soit.

Ce truc, c’est l’apprentissage. Quel drôle d’idée penses-tu. Apprendre QUOI lorsqu’on a trop mal, ou trop de chagrin, trop de fatigue ou trop de soucis ? Et là je te réponds : n’importe quoi. Apprends n’importe quoi mais apprends. Nous sommes nés pour apprendre et ne faisons que cela du début à la fin. Tu l’as sans doute remarqué, une personne âgée, ou moins âgée d’ailleurs, qui renonce à apprendre semble déjà morte, en attente de la délivrance. Donc plutôt que de terminer ma journée en me focalisant mentalement sur trois bons moments, conseil très à la mode en matière de développement personnel, qui selon moi tourne la gratitude vers les instants passés et devient impossible à appliquer dans les passages trop difficiles, je te propose un autre exercice.

En fin de journée demande-toi, même si tu t’es senti au bord du gouffre, ce que tu as appris de nouveau aujourd’hui et qui te servira dans cette existence là. Ce quelque chose de nouveau t’ancre dans le moment présent car il te pousse vers l’avant, il est bien vivant et te fait réaliser que fichtre, même lorsque c’est dur tu as le pouvoir d’apprendre quelque chose de plus, tous les jours.citation tesson

Ne cherche pas compliqué, de petites choses suffisent. Tiens je te montre : Hier j’ai réalisé en fin de journée que j’avais réussi à m’asseoir quinze minutes pour retenir quatre mesures de plus d’un morceau de Bach. Et aussi avant-hier j’ai créé une recette de gâteau aux amandes avec les résidus de mon lait végétal, gâteau que toute la famille a adoré. J’ai découvert de nouveaux auteurs en visionnant la grande librairie à quatre heures du matin le jour d’avant. J’ai aussi décidé de tenter l’aventure d’une nouvelle thérapie alternative dont j’ai lu les grands principes sur le net.

Ca peut donc être quelque chose que tu ne savais pas encore faire, que tu n’avais pas encore appris, ou une réflexion que tu retires d’une discussion avec un proche. Hier encore ma plus jeune fille m’a donné une grande leçon en exprimant sa pensée, qui était fort juste. Le présent c’est ça, apprendre. La joie est indissociable du présent.

Je n’ai pas de mérite à avoir découvert le pouvoir de l’apprentissage. J’ai suffisamment longé les couloirs des écoles et des hôpitaux, croisé de malades et d’handicapés pour avoir observé que c’est dans la nouveauté que réside le bonheur. Tiens cette nuit je regardais la bande annonce du film de Grand corps malade et je me faisais cette réflexion encore. Le personnage principal est tétraplégique et va découvrir à chaque étape quelque chose de nouveau qui le porte et l’emmène un peu plus loin. Alors pose-toi la question lorsque la situation semble t’échapper. Est-ce qu’aujourd’hui j’ai fait un pas vers le nouveau ? Une connaissance, une technique, un personnage, un mouvement, un lieu, une prise de conscience, une compréhension, une découverte, une expérience, etc.

Le jamais vu, le jamais fait, le jamais entendu. Voilà ce qui te nourrit profondément. Voilà ce qui m’aide à rester reliée à la joie lorsque je me sens perdue. Tant que j’apprends quelque chose de nouveau je conserve le regard de l’enfant émerveillé. Il s’en tape pas mal de savoir si découvrir les lois de l’équilibre en empilant des cubes c’est bien, ou utile, ou acceptable, ou suffisant. Il empile parce que c’est chouette d’avoir fait cela pour la première fois, il joue.

Entre le mot joie et le mot jouer il n’y a qu’une lettre de différence, parce que c’est en jouant qu’on apprend le mieux. J’ai trouvé ça ludique d’inventer ma recette ou d’apprendre mes quelques notes. Et même lorsque je suis allée en mode zombie faire mes courses, derrière mon caddie je gardais le cœur ouvert à la nouveauté. Qu’allais-je donc bien découvrir dans les allées du magasin, quelle personne allait donc m’adresser la parole, quel employé allais-je observer, quel nouveau produit allait m’inspirer, quel titre de magazine attirerait mon regard ?

Reste ouvert à la nouveauté et l’inconnu et tu ne seras jamais véritablement éloigné de ta joie première.

Belles découvertes aujourd’hui !

6 commentaire sur “Something new

  1. Waouh, c’est puissant ma belle, comme tu as raison ! Je trouve très sympa de faire effectivement la liste des choses qu’on a apprise dans la journée.

    Moi en ce moment, je fais la liste de ce que j’ai donné : un sourire au vieux monsieur, une caresse au chien, des vœux de guérison à une amie, du temps à mes enfants, une oreille attentive à mon chéri, … cela aussi me met en joie, et m’ouvre le cœur, … c’est presque une question dès mon levé : que vais-je donner aujourd’hui ?

    Bisous, je pense fort à toi <3

  2. Ta joie de vivre et ta joie d’aimer sont aussi communicatives qu’un fou rire au milieu d’un dîner de Noël. Alors pour que cet élan jamais ne se tarisse, regarde autour de toi dans les moments plus sombres, ne cherche pas à ra comparer, mais surtout n’hésite pas à t’appuyer sur une épaule, à poser ta tête quelques instants pour te ressourcer. Tu sais que le moteur est si puissant qu’il repartira encore plus fort.

  3. Tellement vrai et juste ma chère Florence <3 Merciiiiiiiiiiiii pour ce partage qui est le remède de l anti joie :))) Apprendre, découvrir, jouer, aller vers l inconnu et les inconnus, ça me met en joie oui je confirme 🙂
    Tiens un très beau OUI pour ton groupe du " je dis oui à " 🙂
    Aujourd'hui, j ai découvert que le mazout c'etait du gazole, il était seulement coloré de rouge, moins taxé et interdit par la loi pour les voitures. Bin ouais….. 😉 ^^ bisous

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