Silence

Le silence.

J’aspire au silence autour pour entendre ce qui vit en moi. Ce qui vit en nous.

Simple en apparence.

Hum hum, c’est quand la dernière fois que j’ai vraiment obtenu le silence ?

Je ne te parle pas seulement de stopper le bruit extérieur. Note que cela est déjà difficile en soi. Ne plus avoir un son qui parvienne à nos oreilles relève du luxe. La seule fois où j’ai expérimenté le silence total c’était sous terre, lors d’une séance de spéléologie. Wow, noir absolu, silence absolu. Flippant en vérité !

Bon, je pourrais te pondre un billet sur les avantages méconnus de la surdité, les personnes concernées en parleraient sans doute mieux que moi. Ma fille, malentendante, n’aime pas spécialement mettre ses appareils, parfois je la comprends …

OK. Admettons que tu sois posé là, dans un silence relatif, et tu tentes d’écouter. Ecouter quoi ? T’écouter toi.

Je ne suis pas venue te causer méditation hein, ce sera pour une autre fois. Juste te proposer de te connecter à toi en stoppant le tumulte de ta vie. Si tu tentes de lister toutes les actions que tu t’imposes dans l’espace d’une seule semaine, tu vas sûrement avoir le vertige avant d’arriver au bout. L’homme est extrêmement créatif lorsqu’il s’agit de s’inventer des obligations et engagements en tout genre.

Le but inconscient ? Se fuir.

Allez, je t’entends me répondre que franchement c’est pas de ta faute, les enfants, le travail, les courses, tout ça tout ça… Ce sont de belles excuses. La preuve ? Lorsque tu as du temps libre de toute contrainte -on pourra revenir sur ces fameuses contraintes une autre fois d’ailleurs- que fais-tu ? Tu te choisis plein de loisirs, prends des rdv, surcharge l’agenda. En vacances ? Idem.

Sincèrement, je te comprends, surtout pas de vide pour se retrouver avec Soi.

C’est cela que je souhaite pourtant en cet instant, du silence auditif et du silence dans ma vie. Tu sais ce que disent les musiciens ? Que le silence c’est encore de la musique, c’est même précisément le silence qui permet d’entendre les notes qui suivent. Lors d’un stage d’improvisation au piano un virtuose a glissé à mon oreille : Laisse des silences.

Alors pour ma rentrée de septembre, ou plutôt ma non-rentrée, car je serai officiellement radiée du corps des cadres de l’Educa-stra-tion Nationale* au 1er septembre, je fais le choix de réduire au maximum le tumulte extérieur. Je vais laisser de côté quelques associations (il m’en restera bien assez), quelques activités (j’en aurai bien suffisamment), me supprimer de nombreuses contraintes de maman qui veut trop bien faire (j’en ferai toujours trop), ne pas me fixer d’objectifs démesurés, et juste me rencontrer, donc te rencontrer.

Juste prendre le temps de savourer chacun de mes gestes comme un miracle.

Juste prendre le temps de saluer chaque personne avec plus d’attention.

Juste prendre le temps d’observer les couleurs, de caresser les textures, de suivre une ombre qui se déplace, un nuage qui se transforme, une luminosité qui change.

Juste prendre le temps de cette vie qui m’est offerte.

 

Je n’ai rien vu, rien entendu, rien touché, rien senti, rien goûté jusqu’à maintenant.

J’abandonne la croyance qu’il faut courir pour avancer, qu’il faut gesticuler pour exister.

Je viens de saisir la télécommande et d’appuyer sur le bouton PAUSE.

Oh joie !

 

PS : Tu as le droit de sortir sur la pointe des pieds

 

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* Merci à Rahia Boaa pour son jeu de mots …

 

 

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