Rencontres

IMG_6039 copie

A priori une chic idée ces quatre jours de vacances sans les enfants.

-Les filles feront des ploufs dans la piscine des grands-parents, nous on s’échappe dans la montagne, a proposé mon époux il y a quelques mois.

Le mois de juillet est arrivé. Chaud, très chaud. Lorsque nous laissons les enfants dans le sud, la nuit a été épouvantable. Mon homme est tombé malade des écarts de température, le ventilo me file un mal de crâne à se fracasser la tête contre le mur et le manque de sommeil s’accumule. IMG_5917 copieJe ne me sens pas vraiment prête à partir ce matin là alors qu’il souhaite au plus vite démarrer la voiture. Pourtant notre location chez l’habitant ne débute que le soir et les trente-sept degrés n’autorisent aucune promenade alentours. Nous ne pouvons pas encore monter dans la montagne car une amie nous attend à mi-chemin entre la mer et les sentiers plus frais, dans les hauteurs. La climatisation m’achève et notre casse-croûte sur un bord de route peu accueillant, en total inconfort, me déprime. Nulle part nous ne trouvons d’endroit où pouvoir dormir, mon corps souffre, je n’en peux plus. En désespoir de cause nous allongeons les sièges de la voiture sur un parking. Il s’endort dans la minute sans percevoir qu’en moi gronde une colère sourde.

Jamais je ne pourrai trouver le sommeil. Mes yeux brûlants, l’atmosphère étouffante, mes membres à la torture. Je ne comprends toujours pas pourquoi nous sommes partis si tôt le matin pour un rendez-vous en fin de soirée, pourquoi il m’est si difficile de faire entendre mes besoins au cours de cette journée. Les points d’arrêt sans charme, la pause café évincée, tout notre être aspire au repos plus qu’aux photos, la communication se coupe …  Je fulmine. Pour finir, une parole très malheureuse me jette hors de moi. Je sors de la voiture. Une tristesse infinie me gagne lorsque je me recroqueville sur les herbes rases, couchée sur un foulard, entre un arbre, les poubelles et la route passante. Il se réveille lorsque je me décide à regagner le véhicule. L’ambiance tourne vinaigre. Je veux tout annuler et rentrer. Pleurs des deux protagonistes. Longue discussion.

C’est à ce moment qu’un drôle de truc bascule. Je ressens, et je crois que lui aussi, comme un trop plein d’énergie évacué, envolé. Certes nos maux de tête et notre épuisement ont grimpé d’un cran. Il est temps de rejoindre notre amie, nous sommes en retard. Cependant quelque chose d’étrange vient réellement de se produire. Une porte s’est ouverte, je ne saurais l’expliquer. Lorsque nous retrouvons S le vent a tourné. Une formule magique a été prononcée par quelqu’un quelque part, c’est certain. Les heures et jours suivants se teintent d’une aura particulière. Nous nous apprêtons à vivre des moments inoubliables que ce très mauvais départ ne laissait présager…

 

A Saint Paul de Vence S s’avance vers nous  … Dans cette douce allitération raisonne déjà toute sa gentillesse. Elle tient deux paquets à la main. Quelle attention. Une carte écrite de sa main qui me touche et un premier cadeau parfaitement ciblé. Le deuxième doit rester emballé, il faut l’ouvrir plus tard explique t-elle. Mystère. Je me rends compte que j’ai beaucoup de chance de l’avoir pour amie et sa capacité d’émerveillement dans les ruelles, à l’affût du moindre signe, m’enchante. IMG_9602Bien qu’épuisée, je me reconnecte à l’invisible grâce à elle. Un pavé en forme de cœur, une tendre photo souvenir improvisée, un œuvre évocatrice, un écriteau, tout lui parle. Moi je suis heureuse d’avoir tant insisté pour maintenir ce point de rencontre, la ville est superbe, la vue réjouissante, l’ambiance de ce treize juillet festive.

J’amorce ici un nouveau départ. Au milieu des œuvres éparpillées dans la ville, en longeant les galeries d’art, Niky de St Phalle, Jeff Koons ou César voient naître mon rêve de sculptures Raku-minérales. Au détour d’une vitrine, S stoppe sa marche. Elle y voit un symbole fort. La plupart de nos amies communes y sont représentées déclare t-elle. Un personnage sur sa barque rouge, un olivier avec un couple doré en son cœur, une danseuse, un arc en ciel, une échelle etc. Ils sont tous positionnés en dessous d’un tableau. IMG_9597Effectivement j’ai réuni en mai une danseuse, une amoureuse de la Venise verte, une amie dont le pseudo est Rainbow, nous étions un couple et l’olivier de bohème marqua notre rencontre. Quant à l’échelle de l’ascension… Nous avions aussi réalisé un tableau à plusieurs mains …

Je ne sais si elle a raison d’y relire la scène de ce fameux week-end, mais je sens une énergie subtile dans l’air et l’appétit venant, nous prenons place dans un restaurant. Une délicieuse assiette de lasagnes végétariennes fait notre bonheur. Nos échanges se nourrissent de bienveillance, de partages, d’amitié. Ce que nous évoquons est riche de sens et l’amour circule. Quelle belle soirée. Nous nous quittons à regret avec la promesse de retrouvailles. Comme ils sont bons ces petits messages que nous nous postons sur le retour. Nous arrivons enfin dans la montagne, le cœur plein de la gratitude de cette rencontre.

 

Au réveil c’est le quatorze juillet. Loin des flonflons des fêtes de village nous nous sommes jetés sur le lit la veille sans rien savoir du lieu où nous nous trouvions. Sur les hauteurs des préalpes, nos hôtes dormaient déjà. Dans le noir nous avons escaladé les marches menant à notre chambre sans avoir fait leur connaissance, ni découvert le cadre de notre séjour. Nous ne soupçonnons pas encore que la rencontre d’hier n’était qu’un prélude au feu d’artifice qui allait suivre.

Dix heures. Une porte de communication a été ouverte sur nos appartements sans aucun plateau de petit-déjeuner à l’horizon. Nous finissons par passer la tête dans l’entrebaillement de la porte. Les propriétaires nous attendent en bas de l’escalier, tout sourire. Svetlana et Guennadi nous indiquent le chemin de la terrasse. IMG_6264 copieTandis que nous franchissons le seuil de la porte-fenêtre, une vue imprenable s’offre à nous sur une pergola baignée de lumière. Un petit-déjeuner pantagruélique composé de fruits frais et autres confitures maison attend notre arrivée. Se remettre tout d’abord de cette carte postale parfaite. Quelle impression face à la montagne ! C’est au moment où ils apportent le jus d’orange pressé que je pose la question aux heureuses conséquences :

– Vous êtes russes alors ? J’adore la Russie, j’ai appris un peu votre langue au lycée.

Il n’en fallait pas plus à notre hôtesse pour se jeter dans la conversation. Nous déjeunons ensemble, elle est intarissable. Quelle joie d’entendre cet accent que j’affectionne, d’évoquer la géographie et l’histoire du pays. Midi pointe déjà le bout de son nez lorsqu’enfin nous prenons congé, le ventre plein et la tête dans les nuages. Ah l’âme slave ! Il me ramène sur les rives du lac Baïkal. Défilent sous mes yeux les forêts de bouleaux par la fenêtre du transsibérien.

Encore sous le charme de notre réveil enchanté, nous ouvrons le paquet mystère de notre amie S Deux fois rien a-t-elle dit. Oh que non ! En ouvrant la boîte une cigale céramique couleur de soleil laisse échapper sa stridulation. Un petit souvenir de Provence typiquement touristique diront certains. Pas pour moi. J’adore ce chant-là et l’insecte ravissant cigaleest le symbole feng-shui du grand retour de la chance, de la jeunesse éternelle, du bien-être et … des gens qui entament une nouvelle carrière professionnelle … Je ris encore de la joie de ce cadeau réactif à la lumière, autre symbole fort, alors que nous roulons prudemment vers notre première randonnée. Depuis camp d’argent nous partons pour une marche de quelques heures aux portes du Mercantour. IMG_6022 copieJe découvre ébahie les montagnes qui se découpent sur le ciel bleu dans un dégradé que l’œil peine à appréhender. Je jouis de tout. La vue, la compagnie de mon époux qui sourit, le son des cloches dans la vallée, symphonie vachère sous l’œil blasé du berger adossé à son rocher. Un chien nous regarde croquer dans une pomme et je savoure ma réussite, celles de mes jambes qui me portent jusque là. Je sais la valeur et le prix pour tenir sur ses deux là. Pas une journée sans que je m’en remémore le miracle ami lecteur, pas une journée. Je me sens libre, à ma place d’être humain au même titre que le reste de la création. L’âme reposée par cette marche loin du tumulte des hommes, nous trouvons au retour une vague auberge où nous restaurer. Je suis vivante.

Image de prévisualisation YouTube

 

Quinze juillet. Nous passons encore beaucoup de temps auprès de nos hôtes. Tant à dire sur l’époque soviétique et le régime actuel. Tant à découvrir les uns des autres. Nous voyageons. Le matin nous visitons les pays de l’est et l’après-midi le sud de la France. Programme insolite. Cette journée le sera tout particulièrement. Nous entamons l’ascension jusqu’à la Madone de fenestre, en direction des cinq lacs. IMG_6088 copieLa montée est difficile, je dois faire des petits pas et des plus grands, revenir en arrière parfois. Comme la vie.

 

 

Au sommet la musique de l’eau, multiples petites fleurs de rocaille, dont les clochettes. Je m’en amuse. Car vois-tu, j’ai écrit dernièrement un livre dont les illustrations à venir me posent question. IMG_9554 copieEt ces clochettes devant moi en sont l’une des clefs. J’adore ces clins d’œil de l’univers. Plus je marche dans ces montagnes, plus j’accumule les heures d’effort, plus mon projet de vie se précise, plus l’inspiration m’est soufflée par les vents. IMG_9505 copieC’est une conspiration. Parvenus aux lacs nous grignotons les morceaux de fromage offerts par nos amis russes au petit-déjeuner, sur une tranche de leur pain maison, le tout accompagné de concombres de leur jardin. Oui ils partagent avec nous l’amour du potager et ce pique-nique frugal est chargé de toute leur générosité. Les nuages et le malaise d’un randonneur nous incitent à redescendre plus vite que prévu. J’abandonne de bonne grâce l’idée d’une pause sieste, étonnamment plus vive que d’ordinaire au milieu de ces champs énergétiques puissants. IMG_6291 copieQuelques centaines de mètres plus loin, le paysage s’adoucit, l’herbe se fait plus verte et nous surprenons deux jeunes femmes en arrêt devant un terrier de marmotte. L’objectif à la main elles ont réussi à en approcher une de très près. Une marmotte ! Nous l’apercevons avant de poursuivre, laissant les filles tout entières à leur attente.

C’est alors qu’une surprise de taille nous cueille. Un peu plus loin face à nous des dizaines de terriers, et partout des marmottes qui en sortent, jouent, courent, se chamaillent, ou prennent les derniers rayons du soleil. Malgré la saison tardive, étant les derniers à descendre, nous sommes spectateurs de la sortie des animaux de leur cachette. Les randonneuses arrivent à notre hauteur et se trouvent aussitôt happées par le ballet des rongeurs ! IMG_6144 copieNous voilà quittant le sentier principal pour tenter de les approcher de plus près. Une complicité née entre nous quatre de cette quête joyeuse et contemplative, conscients que nous sommes de notre chance, jouant à avancer sur la pointe des pieds, faussement patients. Par un accord tacite, nous regagnerons leur refuge ensemble.

L’univers tout entier renifle la joie de ce moment, nos cœurs légers et palpitants de vie. Après quelques vaches et chevaux il nous gratifie de la compagnie tout aussi inattendue d’un groupe de chamois. Plus d’une douzaine qui se laissent approcher, malgré un petit cabri encore collé à sa mère.  IMG_6219 copieAprès un long moment de planque, nous descendons le ruisseau en faisant connaissance. Une autre forme de jeu, celui qui consiste à ne pas avoir d’idées préconçues sur ses frères humains. Entre une photo de papillon et l’apparition magique d’une biche dans les bois, nous découvrirons que notre amie italienne est enceinte, que la française a des origines … russes… Chanteuse lyrique de profession, la discussion vire musique 56b9a9f1974ceet nous questionnons nos parcours de vie en oubliant totalement la progression de la marche. Je parcours sans peine le chemin sans un trébuchement, sans une perte d’équilibre, en oubliant que je suis soi-disant malade.

Nous étions un, je te le jure cher lecteur, nous étions un avec la montagne.

IMG_6289 copie

Il nous faut les laisser déjà, la rencontre est toujours éphémère. Comme avec la marmotte et le chamois. Ni plus ni moins. Sur le chemin du retour, groggys par tant de bonheur partagé, la faim se fait sentir. Prudents nous avons noté le matin le numéro d’une estafette en face de notre chambre d’hôte, histoire de nous restaurer rapidement à moindre frais sans avoir à reprendre les lacets de montagne dans la nuit. J’appelle pour en vérifier les horaires d’ouverture. Coup de fil étrange.

-Bonjour, je voudrais savoir si vous êtes ouvert ce soir ?

Mon interlocuteur se désole immédiatement que les touristes assimilent sa table de chef à un snack. Il minaude avant d’accepter ma réservation, en fait encore des tonnes lorsque je précise nos préférences végétariennes et finit par se laisser convaincre de prendre notre réservation lorsque je le menace gentiment d’acheter une pastabox à faire réchauffer au micro-ondes chez ses voisins d’en face. J’ai touché son point sensible, que du vrai du bon dans l’assiette pour ce « chef terroriste » comme il se présente ! Il nous fixe alors une heure limite en précisant qu’une tenue correcte est exigée ! Pas de doute possible, nous avons à faire à un personnage. Je suis loin encore d’imaginer que nous allons dîner dans le restaurant le plus improbable qu’on puisse trouver en France à mon humble avis.

Nous nous hâtons donc vers la douche, j’enfile une robe longue posée par chance dans ma valise de randonneuse et nous contournons la déstabilisante entrée de son restaurant, entrée qui vient percuter les clichés des clients non-avertis que nous sommes. Descente par un escalier de fortune recouvert de gravas (est-on au bon endroit ?), pas d’éclairage, rien en contrebas qu’une maison en apparence mal entretenue. Heureusement mes talons n’ont que deux centimètres mais je me concentre tout de même à chacun de mes pas, suffisamment pour ignorer les objets oubliés amoncelés sur le parcours. Toujours aucun panneau. Une entrée qui donne sur une cuisine dans laquelle des casseroles bouillent, enfin un indice !

Nous débouchons sur une terrasse qui surplombe la gorge, des personnes y dégustent une plancha et une seule autre table, la nôtre, dressée avec les couverts de ma grand-mère ! terrasse_belleLe patron nous accueille enfin, pas pour nous parler cuisine, mais pour nous montrer son album photo des spots de la région. Pas de carte, pas de prix, il nous propose ce qu’il a, nous détaille la recette, démoule son crespeou devant nous. Emballés ? Allez zou, il repart en cuisine, non sans être revenu vers nous de nombreuses fois pour y jouer des sketches militants pour la vraie nourriture, les belles lettres, le tout ponctué de jeux de mots. Tout est mise en scène, des lasagnes au dessert en passant par la dégustation apéritive ou fromagère. Tout est fait pour décourager le « péteux de la côte d’Azur » qui s’arrête aux apparences dans un monde décérébré qui ne s’arrête plus qu’à cela. Il s’amuse, surjoue son rôle jusqu’au digestif qu’il feint de présenter sous la forme d’une bouteille contenant des serpents dans du formol ! Sous des faux-airs à la Besnehard, il nous parle pourtant aussi de ces ex, de ses anciens locataires, de ses expériences professionnelles et tant d’autres choses encore. Un show nous est offert avec le repas. Et comme nous n’avions pas pris la peine de lire les écriteaux sur le bord de la route ni même le guide du routard dans lequel il se trouve, la surprise fut totale ! Quelle soirée ! Nous réservons pour le dernier soir.

 

Seize juillet. Encore un petit-déjeuner en compagnie des merveilleux propriétaires du Mont d’Olivine, les chaussures solidement nouées en vue de l’exploration d’une cascade. Sur le départ, la main sur la porte, Svetlana nous arrête.

-Ne voudriez-vous pas pique-niquer ce soir avec nous, dans l’endroit que l’on préfère par ici ?

Regards échangés. Nous acceptons volontiers. Invitation aussi généreuse qu’inattendue. Car nos hôtes nous l’avouerons plus tard, c’est une première pour eux en trois ans de B&B. Quel honneur ! Ils ne veulent rien savoir, ils se chargent de tout et seront nos chauffeurs. Avec un potager en étage sur 5000m2 de terrain, les produits frais ne manquent pas. Leur 4×4 est le bienvenue dans cette zone escarpée. Nous apporterons le vin ! Cette proposition nous apparaît belle dans sa volonté de partage car nous le savons, les russes n’apprécient pas vraiment de manger le soir.

Enthousiastes nous ajustons notre circuit de la journée IMG_6274 copiepour rentrer à temps. En profitons pour un tour de piscine avec vue IMG_6265 copieimprenable sur la montagne, histoire de nous mettre en condition. Et pour être bien certains de profiter pleinement de cette dernière soirée, sieste bonus !

L’heure est arrivée. Guennadi nous conduit avec toute l’assurance qui le caractérise pendant que Svetlana la volubile nous en apprend toujours plus sur eux. Comment rêver être plus choyé. IMG_6336 copieGuenna nous emmène au point le plus haut et me prête leur veste la plus chaude. Notre amie nous emmène au bout du promontoir de la Madone d’Utelle où s’offre à nous une vision à 360 degrés à couper le souffle. Madone Utelle

Notre chauffeur est resté en arrière. Il a une douleur au genou mais le sachant très sportif, je le soupçonne de vouloir installer le pique-nique. Alors que nous revenons vers lui, conscient du cadeau infiniment précieux que nous recevons, il nous propose tout sourire de nous asseoir à table. Oui tu as bien lu, point de petit sandwich grignoté sur le bord d’un rocher. Table de camping, chaises de camping et plats cuisinés avec tous les légumes de leur potager !
IMG_6354 copieCourgettes du jardin, concombres du jardin, ciboulette du jardin, olives du jardin, huile d’olives du jardin, pain maison et cerise sur le gâteau, une petite terrine betterave/carottes spécialement apportée chaude à notre attention ! Plateau de fromages aussi, tout y est !

Comment ne pas succomber à ces minutes hors du temps en compagnie d’amis aussi adorables, face à un coucher de soleil d’exception.  IMG_6339 copieJe suis le petit prince, le petit prince dégustant une terrine un verre de Jurançon à la main. Le petit prince qui reste finalement sur sa planète parce qu’il comprend enfin que tout est là devant lui.

 

Encore quelques mots pour te conter cet inoubliable séjour béni des Dieux …Quelques mots pour te dire qu’en pleine nuit, sur le chemin du retour, Guenna a soudain stoppé la voiture et éteint les phares. Il voulait nous montrer des lucioles dans le noir. Des années et des années que je n’avais vu une luciole. Et j’ai su à ce moment là ce que je voulais savoir. Car la luciole est le premier personnage rencontré par le héros de mon livre pour enfants. Dans la montagne j’avais dit à mon mari que les clochettes devant moi étaient un cadeau opportun mais qu’il serait beaucoup plus insolite de croiser une luciole. Et notre chauffeur poète d’arrêter la voiture dans un petit virage pour m’en montrer une. Geste incroyable. Merci les anges pour ce signe d’encouragement et la voie ainsi tracée devant moi.

Quelques mots aussi pour te raconter le thé offert sur leur terrasse au retour avec une nouvelle surprise, une tarte spécialement préparée à notre attention.

Encore encore, cette bouteille d’huile d’olives de la propriété offerte au moment de se quitter.

 

Je vais rentrer bientôt.

Dans mon cœur sauteront éternellement les chamois, cabrioleront les marmottes et chanteront les cigales. Mon âme emporte avec elle le sourire émerveillé d’S, la voix de Svetlana, la bienveillance attentive de Guennadi et le combat silencieux du chef Sylvain, chevalier des temps modernes.

M’est avis que le filet d’huile sur mes tomates aura une saveur d’hydromel.

IMG_6040 copie

8 commentaire sur “Rencontres

  1. wouhaouuuuuuuu, mais quel bonheur de déguster cette si belle aventure à mon réveil …… partageant silencieusement dans mon cœur le bonheur de tous ces partages .. !! La magie se reflète dans tout mon corps, les mots décrivent avec une si belle envolée la splendeur de la vie, la magnificence d’être en vie, qu’à chaque moments transposés avec autant d’amour, fait circuler, fait vibrer en moi toute l’énergie de vie et tout l’amour qui l’a fait naître ….
    La russie, ça me parle tellement, la nature resplendissante et majestueuse au pic de la contemplation qui nous parle, l’eau qui coure le long des flans du divin, notre amitié qui vit dans chacune de nos cellules, et la joie d’avoir partager avec vous deux cette magnifique promenade en raisonnance avec autant d’amour …. je sens qu’aujourd’hui, je vais pouvoir déplacer des montagnes !
    Petit clin d’oeil, j’avais prévus aujourd’hui de travailler la pierre, en muret et autre petits renforts d’embellissement de mon merveilleux jardin …

    Merci Flo pour ce texte merveilleux qui me rempli de joie !!!
    Je vous aime

  2. Hello Flo ! Quel voyage dis-donc, ça fait envie vraiment. Et ce restaurateur, c’est une histoire de fou non ? Merci d’être la Reine du Mercantour ! Cette vidéo est géniale et donne envie d’aller marcher, olalalala j’ai envie de marcher…Merci Flo 😉

  3. Merci pour la joie que tu m offres en lisant ce récit empli de forts ressentis dans cette merveilleuse aventure dans le sud de la France, là d’où je suis 😉 Que c’est beau et bon de te sentir Être dans l instant présent 🙂 D’accueillir les choses comme elles viennent, de te laisser traverser par les émotions agréables et moins agréables, de vivre en couleur, en altitude, et dans cette immense gratitude 🙂 Tu es reconnaissante de tout et pour toutes les personnes que tu rencontres. Grande observatrice aussi :))) Merciiiiiiiiiiiii merciiiiiiiiiiiii mon amie Florence pour tes cha-lheureux mots, ton témoignage si bienveillant à mon égard qui me nourrit mon coeur d amour et de joie <3 J étais émerveillée c'est bien vrai, ta lumière magique y a fortement contribué <3 Encore merci à toi et Manu pour votre chaleureuse générosité et gratitudes pour ces retrouvailles apaisantes <3<3<3 bisous

  4. Bonjour Florence,
    Je découvre ton blog via celui de Christine Lewicki, je suis actuellement à mon 5e Jour 1 du challenge 😉 Ton article sur tes « errances » me met du baume au coeur !
    J’en profite pour te demander un retour d’expérience avec quelques mois de recul… Est-ce que sans bracelet tu as continué à ressentir les aspects positifs de l’expérience ?
    Sinon, j’aime beaucoup le positionnement de ton blog et te félicite pour ta « mission » : elle est accomplie en ce qui me concerne ! Je reviendrai donc te lire avec beaucoup de joie 🙂
    Flo (on porte le même prénom, je le prend comme un signe :-D)

    1. Bonjour Florence, une belle surprise de lire ton commentaire. Je suis heureuse de pouvoir te soutenir dans ton expérience et ravie que ce blog te plaise, j’y mets tout mon coeur. Pour répondre à ta question je peux clairement affirmer que sans bracelet je fais plus que continuer à sentir les aspects positifs, je ne râle presque plus dans ma vie. C’est bigrement apaisant et transformateur. Par ailleurs c’est fou comme les râperies des autres me sautent aux oreilles, bien plus qu’avant. Du coup je me donne une mission, ne pas alimenter la râperie de l’autre et faire une remarque positif à contre pied pour tenter de lui faire voir les choses autrement. ça devient un jeu très amusant. Au plaisir de te lire.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *