Oneness Living

Il s’appelle Joseph. Il prépare un petit colis, presque rien, quelques savons dans un carton, quelques senteurs envoûtantes enveloppées dans de jolis sachets. Il se dirige vers la poste. Il ne lui reste qu’à espérer qu’ils voyageront sans encombre. Ils vont faire tant de chemin ces savons-là. Quatre mille cinq cents kilomètres avant de parvenir jusqu’à moi. Ils prennent leur temps, trois semaines pour atterrir, comme par magie, dans ma boîte aux lettres.

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Ces savons ont une histoire, une bien belle histoire. Je m’en vais te la conter.

Il y a quelques années j’entamais un périple de dix-huit heures de train pour rencontrer, au centre des Amanins, Pierre Rabhi. Ses livres m’avaient redonné l’espoir, le goût de la poésie du monde, un ancrage à la Terre et l’amour des plaisirs simples. Je n’étais pas seule à faire le voyage. Une trentaine de personnes, portées par le même désir de converser avec le plus célèbre des colibris, avaient fait le voyage. Parmi eux il y avait Joseph, le plus exotique des participants sans doute. Professeur au Koweït, ça suscite tout de suite l’intérêt des participants. Et puis Joseph inspire la quiétude. Je me souviens de lui quand d’autres visages ont disparu de ma mémoire.

Après ce séjour, chacun reprend sa route. Quelques échanges de mails plus tard il ne reste de ce moment qu’un souvenir. Jusqu’à ce que FB me donne des nouvelles de cet adorable garçon. Je suis un peu son chemin. Quelques like respectifs par delà la Méditerranée.

Jusqu’à ce jour où Joseph cite mon nom en commentaire, me remerciant pour la création de savons dans laquelle il se lance. Je pense immédiatement que le célèbre réseau social a proposé intuitivement mon nom, qu’il s’agit d’une autre Florence, qu’il n’y a pas prêté attention. Quel lien pourrais-je bien avoir avec son projet ? Je lui en fais la remarque. Il doit s’agir d’une erreur.

Etonnement, yeux tout rond, non non, ce n’est pas une erreur. Je t’explique. Avant ce blog il y en a eu d’autres. Le précédent, vite délaissé, a vécu suffisamment pour que mon ami s’y intéresse. J’y parlais écologie dans toutes les sphères de notre vie. Chrysalide était son nom. Et un jour c’est vrai, j’ai rédigé un article détaillé sur la saponification à froid. Parce que j’avais vu un reportage édifiant sur les gels douches et aussi parce que je n’utilise plus que les savons d’un producteur Béarnais depuis des années. Sans le savoir, tout cela avait éveillé un intérêt chez Joseph, de ces petits je ne sais quoi qui nous inspirent parfois.

Voilà comment, cher lecteur, tu peux te retrouver inspiratrice d’une fabrique de savons artisanaux. A bien y réfléchir, il t’est déjà arrivé, et moi aussi, d’être inspiré par un petit détail sans que l’autre n’en sache jamais rien. Cette coiffure que tu as cherché à imiter, ce métier qui a résonné en toi, cette parole prononcée qui t’a fait acheter ce bouquin,  cet artiste qui t’a fait te mettre à la guitare, cet ami qui t’a fait virer végétarien, ce voisin qui t’a filé une idée l’air de rien, …

Nous passons notre temps à nous « contaminer ». En vérité, lorsque Joseph décide de se lancer dans son projet, sans aucun doute des tas de jalons sur son chemin l’ont déjà mis sur la voie. L’article de Chrysalide ne fut qu’une petite résonance supplémentaire, un petit « j’y vais-je me lance » de plus. Mais il m’a donné à réfléchir au sens de mes actes. Parce qu’en tenant ce précédent blog je ne pensais pas qu’il était lu, parce qu’un article sur la saponification à froid je ne pensais pas que ça intéresserait quelqu’un. Oui je l’ai écrit avec tout mon cœur et ma conviction, je m’en souviens. J’aurais pu écrire aussi n’importe quoi, n’importe comment, en me disant que c’était sans importance ce que je tapais derrière mon écran, une goutte d’eau. Sauf que c’est maintenant connu, les colibris éteignent les feux avec des gouttes d’eau.

Alors c’est cela que je vais essayer de faire dans les années qu’il me reste à vivre. Etre attentive au sens de mes actes. Chaque parole, chaque écrit, chaque action peut résonner pour l’autre, pour le meilleur et pour le pire. Etre maman avait déjà attiré mon attention sur ce qui, de nous, impacte l’autre, surtout si c’est un enfant. Comme tout le monde mes paroles, mes actes et mes écrits n’ont pas toujours été impeccables, loin s’en faut. Miguel Ruiz a raison, c’est important d’y accorder toute son attention. Je te renvoie aux quatre accords toltèques, si tu ne les connais pas.

Merci infiniment Joseph de m’avoir rappelé combien nous sommes interconnectés, combien je dois veiller à être alignée avec qui je suis, combien je dois soigner mes relations et, si cela est impossible avec certaines personnes, à tout le moins garder le silence et rester en retrait, plutôt que de dire ou écrire des choses qui ne grandiront personne.

Merci pour ce colis que tu as eu la bienveillance de me faire parvenir en souvenir de cet article, il m’a apporté beaucoup de joie. Le timbre de l’enveloppe est collé sur mon mur, pour ne pas oublier.

Juste une dernière chose Joseph, tes savons sont magnifiques et sentent délicieusement bons, en plus d’être fabriqués dans le plus grand respect. Tu prends des commandes pour la France ? C’est une réussite, je te souhaite plein de belles ventes à l’approche de Noël !

La photo utilisée pour illustrer cet article est la propriété de Joseph, créateur de Oneness Living.

 

 

Pour ceux que ça intéresse, je remets ci-dessous la copie de l’ancien article de Chrysalide, les photos en moins, ainsi que le lien vers le reportage France 5 qui traite fort bien ce sujet :

Aujourd’hui je m’en « va » vous raconter pourquoi je n’utilise plus de gel douche et comment on fait pour survivre sans (si si on peut). Alors le point de départ, c’est la rencontre, sur un salon des arts, avec un producteur du Béarn. Ses savons embaumaient, leurs couleurs étaient à croquer et les ingrédients 100% naturels.
J’ai donc commencé par tester quelques produits de retour à la maison. Et là, grosse satisfaction, tous mes préjugés sont tombés.
Oui le contact est aussi doux sur la peau qu’un gel et c’est un bonheur oublié que celui de faire glisser la savonnette sur son corps (pas de pensée salace hein cher lecteur).
Oui les vertus revendiquées par chaque savon sont bien réelles. Le savon aux orties est merveilleux pour les peaux à problème comme la mienne, le savon bébé est plus doux qu’une caresse, le savon de cuisine enlève toutes les odeurs détestables, même l’oignon ou l’eau de javel, et surtout, fabuleux, le savon de rasage pour mon mari et mes gambettes. Après il y a aussi tous les savons plaisir pour sentir la lavande, se nourrir au cacao, se vivifier à la menthe, etc.
Pourquoi ne plus utiliser de gel douche depuis ? Mis à part le fait que je suis devenue une inconditionnelle de ces savons, j’ai pris le temps de me renseigner sur la composition des gels, et c’est pas bon du tout pour nous, et surtout pas bon du tout pour la planète.
Alors déjà, l’emballage c’est une horreur, des milliards de flacons en plastique non réutilisables vendus chaque année. Mes savons c’est zéro emballage ! Je les commande par correspondance et les reçois enveloppés dans un petit papier kraft, le tout posté dans une enveloppe écologique (pas de papier à bulle chez ce producteur à la démarche jusqu’auboutiste).
Ensuite les produits utilisés par mon p’tit producteur sont tous garantis 100% naturels. Des huiles végétales, des huiles essentielles et des additifs hors de danger, aucun parfum de synthèse ou produit chimique n’est toléré. Le tout est créé par saponification à froid, vraiment parfait je vous dis ! Jetez un œil sur la compo de votre gel habituel. Si c’est marqué huiles essentielles, bien souvent c’est une arnaque il y en a moins de 1%. Comment le savoir ? Si la dite substance bienfaisante apparait en dernier dans la liste des ingrédients, c’est le cas. En effet, les étiquettes indiquent les ingrédients par ordre décroissant d’importance dans la composition. Bien entendu vous y trouverez des conservateurs (gaffe, le paraben est remplacé souvent par le methylchloroisothiazolinone et/ou methylisothiazolinone, substance plus nocive encore). Bon, je vais pas vous faire un long discours, regardez plutôt cette émission ; fort instructive.
Cerise sur le gâteau, je passe une commande une fois l’an, pour environ 70 euros pour une famille de 4 personnes. Essayez de calculer votre dépense en gel douche de l’année, je doute que cela représente seulement 70 euros … Ils durent très longtemps. Effet kisscool appréciable, le parfum merveilleux à la livraison et le joli visuel de votre pile de savons dans la salle de bain.
Le savon de rasage est tout simplement une trouvaille écologique car il permet un rasage tout en douceur sans achat de mousse à raser, véritable fléau de pollution dans nos eaux usées, bardé de silicone qu’il est. Et ce n’est pas tout, les mousses à raser tradis sont irritantes, donc on vend ensuite à votre homme un après-rasage. Or ce savon est si doux que la peau est souple, plus besoin de ce produit devenu inutile. Encore des économies soit dit en passant.
Bref, je suis devenue une adepte du savon.
Mes petites questionnements au début : comment le transporter ? Vite résolu, le retour de la boîte à savon ou tout bêtement envelopper son savon dans un gant de toilette sec pour les voyages. On peut le partager avec d’autres en le coupant, en offrir facilement en cadeau tant ils sont beaux aussi. Quand il ne m’en reste plus qu’un mini bout je le récolte dans un petit tupper, dans le but de faire refondre tous mes restes et recréer un savon unique à terme (ludique !). Bon, depuis que j’ai fabriqué du savon de marseille chez une copine j’avoue je trouve ça très amusant. D’ailleurs je m’offrirai peut-être un jour un stage de fabrication du savon chez mon p’tit producteur qui en propose régulièrement dans l’année.
Si vraiment c’est trop dur pour vous de redécouvrir le savon après 30 ans de matraquage commercial, que vous voulez que ça mousse mousse mousse, il vous reste la solution du gel douche bio. Il est plus cher, il y a toujours un emballage, mais au moins vous ne risquerez plus rien pour votre peau et vous serez sympa avec les eaux que vous rejetez dans le tout à l’égout.

 

4 commentaires sur “Oneness Living

  1. Merci Florence d’avoir mis à l’honneur ces magnifiques savons artisanaux. Que de belles cocréations! Tu es une passeuse de beauté et d’amour! Gros bisous<3
  2. Vite vite, je rattrape avec plaisir les articles non lus pendant mes vacances 🙂
    Comme c’est beau de nous rappeler l’interconnexion entre chaque personne. Merci beaucoup

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