Murmure

Cela fait dix mois que j’ai créé ce blog. Avec timidité tout d’abord.

Une voix en moi se faisait entendre, presqu’un murmure en vérité : Tu es missionnaire de joie.

A mon grand étonnement, en stage d’improvisation musicale chez l’immense Marc Vella, alors que chacun se présente et annonce sa profession, je lâche sans réfléchir : je suis missionnaire de joie. J’aurais dû dire professeur, car je l’étais encore à ce moment là, mais non, ce qui m’est venu dont ne sait où, c’est missionnaire de joie. Yeux tout ronds dans l’assemblée. Je me renfonce dans mon fauteuil, étonnée moi-même de cette réponse.

Depuis, des signes surprenants me sont apparus, me renvoyant sans cesse l’image de quelqu’un qui amène effectivement de la joie là où elle passe. Fait anecdotique mais fort surprenant, en 2016 l’un de ces jeux aléatoires et peu crédible titre ceci sur ma page Facebook :

missionnaire de joie

Je n’en revenais pas ! J’aurais pu obtenir n’importe quelle réponse formatée par la machine, mais cette phrase improbable s’affiche devant moi ! Je n’avais jamais entendu ou lu cette expression avant de l’écrire sur ce blog et voilà qu’elle apparaît sur mon écran, rends-toi compte ! Une simple coïncidence ?

Malgré tout je me suis souvent sentie illégitime à te parler de joie. Parce que le doute s’insinuait en moi. Comment aborder ce sujet alors que j’étais en pleine quête de moi-même, en recherche de sens, si souvent en proie à la détresse, au vide existentiel, à l’angoisse ou la douleur ? Alors je me suis accrochée à ce simple murmure. Et de jour en jour le murmure se fait de plus en plus audible vois-tu. Répandre la joie, ou plus exactement la révéler en toute chose comble mes jours et me réussit de plus en plus.

Je me livre pourtant souvent à des séances de torture mentale. Mes neurones se liguent contre moi pour m’assurer qu’il n’est point d’avenir dans cette voie-là. « C’est bien joli d’être missionnaire de joie ma chérie, mais de cette belle certitude tu vas en faire quoi ? Tu te vois réellement marquer dans la case CSP de la feuille violette : missionnaire de joie ? Et quand bien même, tu es au courant que ça ne te fera pas vivre ta mission improbable ? Pis tu crois vraiment que tu peux apporter quelque chose aux autres dans un domaine si intime et personnel que celui de la joie ? Sois sérieuse une minute ! »

A vrai dire, chère petite voix détestable dans ma tête, j’ai passé beaucoup de temps à t’écouter jusqu’ici et je vais te demander poliment, mais fermement, de la boucler. Tu sais quoi ? On reconnait qu’on est sur le bon chemin lorsque son cœur ne se satisfait plus de rien d’autre que celui-ci.

Récemment j’ai organisé un regroupement d’amis à la maison et j’ai bien vu que créer ce vortex de joie en réunissant toutes les conditions nécessaires m’avait chaviré le coeur. J’ai bien vu aussi que chacun repartait avec une étincelle particulière au fond des yeux. C’était bien réel petite voix !

J’ai aussi constaté un fait étrange. Certains jours, même ultra fatiguée, ou en proie à des douleurs physiques insoutenables, si dans ma journée se présente la possibilité d’apporter de la joie à quelqu’un, plus rien de tout cela n’existe. Mon époux m’en fait souvent la remarque. Lorsque tu t’occupes des autres tu t’oublies. C’est plus que m’oublier en réalité, je ressens soudain un alignement parfait avec ce que je suis et toute autre considération semble désintégrée. Il ne reste plus que moi, l’autre, et cette mission. Je suis alors détendue comme un arc qui vient d’atteindre sa cible. Je me sens l’instrument de cette flèche dont je ne maîtrise pas la trajectoire. Je suis au service de quelque chose de plus grand qui me dépasse.

Néanmoins, la petite voix me tanne avec son « Oui mais alors tu vas reprendre un métier sinon ? Parce que c’est nul ta mission ». Il m’aura fallu presque un an pour la faire taire celle-là. Je suis épanouie dans cette famille que j’ai créée et depuis presque trois ans, mon mari subvient quasi intégralement à nos besoins, alors reprendre un métier n’est pas une question d’urgence. Si cela avait été le cas je serais restée professeur, et même en difficulté de santé j’aurais accepté les propositions réitérées de l’Education Nationale, que j’ai quittée, pour me soutenir financièrement. Je ne suis pas non plus dans une recherche absolue d’indépendance comme cela fut le cas au moment d’une violente crise de couple. Alors j’ai décidé de mettre aussi cette voix en sourdine et d’écouter la flamme qui brûle au fond de mon âme et me dit de ne pas m’en inquiéter.

Je fais à présent un seul pas, l’un après l’autre, avec un seul leitmotiv : le faire en conscience dans ce qui me procure de la joie. En suivant ce chemin les portes s’ouvriront sans effort. En parlant de porte, je suis tombée récemment sur une phrase relevée par Laurent Levy dans Un cours en miracles. Je ne sais plus sa formulation exacte. Elle disait grosso modo qu’au final, tout ce qui a été fait dans l’effort ne passera pas la porte. Ne pas entendre par là l’effort qu’on accomplit dans la joie, vers un objectif qu’on a fait sien, l’effort nécessaire qui jalonne le chemin pour atteindre un but précis. Le cours en miracles parle de l’effort que l’on fait lorsqu’on pose des actes contraires à cette fameuse flamme dont je parlais plus haut.

Je ne veux plus perdre mon temps avec ce type d’effort là, l’effort vain, l’effort qui va à l’encontre de ma brillance naturelle, celle qui m’est propre. Dans un langage moins ésotérique, la coach Christine Lewicky parle d’activer notre zone de brillance. Nous avons tous une zone plus brillante que les autres. La mettre en lumière n’est pas faire de l’ombre aux autres, la mettre en lumière c’est au contraire, à l’heure de notre mort, partir satisfait d’avoir pu rayonner son Soi et apporté sa part au monde. Cela seul passera la porte.

Cher petit colibri, je fais ma part en choisissant d’incarner pleinement cette joie sans demi-mesure à présent. J’ai confiance qu’à un moment donné, les pièces du puzzle vont s’imbriquer. Tout ce que j’ai à faire en cet instant c’est m’assurer que ce que je fais me mette en joie. Que ce soit de la poterie, de l’écriture, de la musique, du jardinage, une danse avec des amies, un fou rire avec mes enfants, un baiser à mon homme, etc., je le fais et je ne me pose plus de question.

Le potager est d’ailleurs un endroit riche d’enseignement. Chaque légume planté me délivre une vérité qu’il maîtrise bien mieux que moi : Je suis là et je n’ai pas besoin d’être autre chose que ce là dans l’instant. Mes salades rient bien de moi lorsque la petite voix veut revenir avec son cortège de  « Qui es-tu ? », car je n’ai pas besoin de me définir en tant que femme, épouse, mère, ni par mon métier, un loisir, une situation géographique ou que sais-je encore.

Je suis. Voilà tout. Quel apaisement dans ce je suis.

Non pas que je ne fourmille pas de mille envies, mille projets. Seulement le lâcher prise est en cours. Comme la salade cherche l’eau, le soleil, les minéraux, point barre, j’ai juste à chercher la joie en toute chose, le reste, ce n’est tout simplement pas mon job !

Je me laisse couler dans le flow de la vie et je fais confiance.

Oui je fais confiance. Et je te laisse avec quelqu’un qui parle du murmure intérieur bien mieux que moi :

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Amoureusement

Florence

6 commentaires sur “Murmure

  1. magnifique !!!!!!! comme je te rejoins dans cette flamme qui brille de joie …. comme tu es belle quand tu es simplement toi, toi au plus profond de ce que tu ressens être, toi simplement dans la joie. Oui, quand on se sent vivante, vibrante, lumineuse, c’est bien ça, être à sa place et rien d’autre, car dans cette place, qui est tienne, je le confirme, dans cette joie qui t’habite jusqu’à la dernière de tes particules quantiques, il y a l’infiniment joie, le sublimement beau, la béatitude du parfait en tout et dans tout, au delà et à l’infini, comme dirait buz l’éclair !!
    Merci de te montrer telle que tu es, car j’y vois dans le miroir, le reflet d’un diamant, qui me confirme à mon tours que je suis, moi aussi, bien à ma place !!
    LOVE
    1. Et bien je suis infiniment émue par ton commentaire, autant pas le contenu que la forme tant il est magnifiquement écrit. Le coeur a parlé. Merci !
  2. Ton article a touché mon âme. Elle me dit : alors Sony, quand comptes tu activer ta zone de brillance?
    Merciiiiii mon amie Florence, tu es une très belle missionnaire de joie <3<3<3
    1. Ah ah ah, oui quand ? Merci de m’adouber en tant que missionnaire de joie, décidément, après avoir été ambassadrice du bonheur, j’ai de beaux métiers !

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