La puissance de l’intuition

zone de confort

L’intuition est comme une fulgurance de l’âme, une hyper intelligence ressentie dans ton corps. Elle est forte et limpide mais si fugace que le plus souvent, le mental intervient et ne laisse aucune trace de cette intuition, la réduit à néant.

C’est très précisément ce qui m’est arrivé il y a cinq ans. J’étais professeure dans une petite école de campagne et après les premiers jours de l’année je suis rentrée chez moi avec la certitude que j’allais terminer l’année scolaire en cours et démissionner. Une certitude, un appel après treize ans dans ce métier.

Je souhaitais écrire et pourquoi pas apprendre à dessiner.

J’ai demandé à mon époux de s’installer sur une chaise pour lui annoncer la nouvelle. C’était clair comme sensation, pas douloureux, pas de doute, rien de tout cela, un soulagement avec un ressenti fort qu’après des années à enseigner avec bonheur une page devait se tourner. Des déboires de santé m’avaient donné une impulsion différente.

48H après mon mari me persuadait de prendre une disponibilité et de renoncer à une démission. En langage éducation nationale ça signifie que vous quittez votre école, vous avez le droit de ne plus enseigner (sous certaines conditions), vous ne touchez bien entendu plus rien mais vous conservez votre statut de professeur et de fonctionnaire d’état. Très confortable en apparence donc.

C’est peut-être un coup de tête, tu pourras revenir en arrière si tu as juste besoin d’une pause a-t-il argumenté.

On y est, au cœur du mental, l’argumentation. Et là j’étais fichue, je me suis mise à raisonner. Effectivement, de tels arguments sont imparables. J’ai renoncé à cette démission et me suis mise en sommeil pour l’éducation nationale.

Sauf que … les années suivantes je n’ai pas pu tourner la page vraiment pour démarrer autre chose à plein régime.

Sauf que… je n’étais pas autorisée à faire tout et n’importe quoi car je suis restée au service de l’état et qu’il y a des lois contraignantes.

Sauf que… je restais encore et toujours une prof, quoi que je fasse à côté ça passait pour un passe-temps.

Sauf que chaque année on se demande si on retourne en classe ou pas, et on remplit à nouveau des paperasses.

Sauf que … je n’avais pas suivi cette première intuition belle et franche.

Oh bien entendu j’ai vécu des expériences absolument extraordinaires pendant ces cinq ans, je signe demain pour revivre tout ça. Je n’ai jamais regretté mon départ.

En revanche cette année, mes enfants ayant grandi, il me fallait me réinscrire en fac ou autre astuce légale pour avoir le droit de poursuivre cette « mise en sommeil ». J’ai trouvé ça ridicule et me suis dit que si je m’étais mise en disponibilité c’était donc pour reprendre un jour. Et puis ma santé s’était détériorée et j’ai pensé que peut-être retrouver mes premières amours, les enfants et la transmission, ça m’aiderait à garder la tête en dehors de l’eau. Enfin j’ai bien trouvé une bonne dizaine d’arguments en faveur d’une reprise.

photos de classe

Sauf que ce noble métier je ne le voyais plus du même œil après mes expériences de vie, et l’amour immense que j’ai pour les enfants, le fait que je connaisse bien le métier et ses ficelles, ça n’a pas suffi.

Je me suis présentée à ma nouvelle école fin juin, par chance juste à côté de chez moi, pour la première réunion.

Je ne raconterai pas les détails de cette plongée en territoire connu ni tout ce qui m’a traversée pendant ces quelques heures, ni l’accueil peu chaleureux du directeur ne voyant en moi qu’une handicapée potentielle. Rien de tout cela ne te donnerait une idée exacte de ce qui s’est passé dans les heures qui suivirent.

TOUT s’est arrêté. Une douleur indescriptible s’est logée dans mon ventre. Une douleur qui ne m’autorisait pas même la déglutition d’un verre d’eau. Deux jours à visiter les toilettes en me vidant intégralement. Des nausées d’une puissance inégalée. Une pulsion de mort inexpliquée. Mon mental essayait d’énumérer tous les arguments en faveur de cette reprise, tous les atouts de ce poste, toutes les joies à reprendre mon métier. Rien n’a fonctionné, j’ai bien cru que j’allais crever sur place tant les douleurs psychique et physique étaient intolérables. Et pourtant j’en connais un rayon, suis plutôt endurante. C’était AUTRE CHOSE.

Mon corps me redisait, en pas sympa cette fois, ce qu’il m’avait dit cinq ans plus tôt. AUTRE CHOSE, je t’ai dit que tu dois faire AUTRE CHOSE maintenant. Et tu vas m’écouter cette fois.

C’est ce que j’ai fait, cinq jours plus tard je postais ma démission, pour de bon cette fois.

C’est courageux m’a dit mon époux.

Il n’y a rien de courageux à suivre son intuition lorsqu’elle vous retourne l’estomac. Ce qui aurait été courageux ça aurait été d’accueillir cette intuition lorsqu’elle était simple et évidente. Six mois de démarches fastidieuses, une affectation et une souffrance morale inouïe( pour entendre ce que je savais déjà quelques années plus tôt).

Je voudrais te dire combien il est important d’écouter cette intuition qui est la voix de ton âme. C’est une toute petite voix à peine audible au départ mais très douce, agréable. Si tu ne l’écoutes pas tu peux avancer un certain temps, jusqu’à ce que la petite voix prenne sa grosse voix et se fâche tout rouge. Pas que rouge d’ailleurs, car elle t’en fera voir de toutes les couleurs.

Tu as forcément déjà ressenti des intuitions flashs qui t’ont fait éviter une route en travaux, un accident de voiture ou téléphoner à une amie juste lorsqu’elle avait besoin de toi. Tout le monde les ressent, c’est universel. Tu peux faire le choix de laisser le mental te convaincre que tu n’as rien entendu. Ou bien apprendre à suivre cette intuition en faisant confiance à l’univers.

Autrement dit tu peux apprendre à te faire confiance ou suivre l’apparente logique qui te mènera sur un chemin beaucoup moins fluide, mais qui satisfera ton mental.

Un certain temps.

goodbye

3 commentaire sur “La puissance de l’intuition

  1. Tu as raison Flo. L’intuition est notre meilleure conseillère. Mais les conseils ne sont pas toujours faciles à entendre et à intégrer.
    Bravo pour ton courage ! Et merci à toi de partager cette expérience.

    1. Merci mon amie pour ton commentaire, toi qui viens du même sérail tu sais bien quel inconfort et prise de risque cela représente en effet. Je vais tout faire pour donner du sens à cette intuition, maintenant que je l’ai enfin suivie.

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