Festi’pian ohh !

Facebook est généralement montré du doigt pour la superficialité des rapports qu’il instaure entre « amis ». Cependant, comme tous les outils, cela dépend de la manière dont vous en tirez profit au quotidien.

Personnellement, il me permet de suivre les pages de personnes inspirantes et d’être au courant de propositions dont je n’aurais pas eu connaissance sans cela.

Quand je vois apparaître sur mon écran l’affiche de Festipiano par exemple, je me dis Yes ! C’est le moment de faire quelque chose de nouveau cet été. Et fidèle au principe que je me suis fixée il y a plus de 300 jours, si mon élan premier est le désir et mon élan second la réticence, je fonce. Faire quelque chose de nouveau pour me rencontrer dans un nouvel endroit.

20160617 - festipiano

J’ai donc contacté Marc Vella pour savoir s’il fallait s’inscrire, question restée sans réponse une première fois, et une seconde fois mal interprétée, puisqu’il m’a répondu en me donnant des indications sur le mode de restauration … Bref, nous sommes partis pour deux jours de festival mi -juillet sans plus d’informations que cela, avec notre curiosité sous le bras.

Arrivés à la Touche en Charente, je redécouvre ce vieux corps de ferme sous un jour neuf. J’étais venue au domaine d’Essart en hiver, fébrile, et je n’avais pas pris toute la mesure du lieu.

L’endroit est superbe, tout de pierre et de verdure.

Règle n°1 dans ma quête de joie : trouver des pierres et de la verdure

L’endroit est incarné.

Règle n°2 : rencontrer des personnes qui croient en ce qu’elles font20160617 - festipiano

Non je ne donnerai pas de règle n°3 sinon je vais me perdre et oublier l’essentiel de cet article, te raconter comment j’ai vibré la joie à sa source.

Imagine un lieu où chaque regard que tu poses, chaque pied que tu avances te parle de poésie. Un lieu où les personnes présentes sont toutes dans une démarche de quête de soi, de reliance à leur moi supérieur.

Ce lieu existe, il s’appelle Festipiano. A l’origine le rêve un peu fou d’un couple de musiciens de l’amour, Cathy et Marc, il y a 6 ans. Elle est enceinte du deuxième, ils viennent tout juste d’acheter le domaine qui est à restaurer, que déjà ils lancent l’idée d’un festival de piano. Oui ils sont fous, fous d’amour pour l’humanité.

Ce festival a visiblement pris une tournure inattendue au fil des années puisque c’est maintenant tout un regroupement d’artistes, toutes disciplines confondues, qui s’y trouve convié. 20160617 - festipianoC’est ainsi que, venus pour le piano, mon époux et moi-même découvrons aussi des expositions de peintures, de sculptures, de bijoux, de céramiques, des danseurs, une créatrice de mode, des poètes, des écrivains, des acteurs, des conteurs, toutes sortes de musiciens, des intellectuels, un accordeur, …

Nous arrivons un peu à la dernière minute, juste le temps pour notre fille aînée -elle veut être écrivaine- de s’inscrire à un atelier avec une poétesse nomade sous un pêcher, dans le jardin potager du domaine. Elle va y passer un moment exquis avec mon époux. trapezeIl n’y a que des adultes et précisément on lui laisse exprimer pleinement sa créativité, sans la taxer d’enfant. Les poèmes qu’elle me lira me mettront les larmes aux yeux tant ils sont inspirés. Elle les accroche quelque part sur le festival. Pour flotter au vent, parmi d’autres messages… Merci Juliette Mouquet pour ce moment hors du temps.

Ma petite dernière et moi-même avions besoin de bouger après notre déplacement en voiture. Ni une ni deux nous voilà embarqués avec deux belges dont j’ai oublié le nom dans un atelier de biodanza. Ça tombe bien, depuis le temps qu’on m’en parle et que c’est sur ma to do list ! Nous pénétrons dans la salle du piano ivre et vivons pendant une heure trente un atelier de découverte fort complet. J’en profite pour réaliser un rêve d’enfant : Consigne d’un exercice, se laisser porter par la musique en extériorisant ses sensations. Irène Cara – What a feeling. Cette musique je la mettais à fond lorsqu’ âgée de 8-9 ans, dans un champ face au Pic du midi où je vivais, je rêvais de m’élancer parmi les herbes hautes, en tournoyant sur moi-même. Sauf que je n’osais pas, mes gestes restaient étriqués et je pensais –à juste titre- qu’exprimer ma joie ainsi ne serait pas vu d’un bon œil. Alors là, à 41 ans, je me suis fait plaisir à sauter comme une gamine au milieu d’une vingtaine d’inconnus.

 

En vrac il y a eu ce défilé de mode magique dans lequel une superbe femme malvoyante au regard clair comme de l’eau nous a chanté Carmen, accompagnée par deux pianistes, ce Cèdre transformé en totem 20160617 - festipianopendant une semaine par les festivaliers, sous l’œil attentif d’Olivier Ledoux, magicien du bois. Il y a eu la structure étonnante de Johan Guerrero, de fils et de lumières, sous laquelle le samedi soir le piano à queue s’invitera, pour un moment d’improvisation sous la lune. Et la fresque collective à laquelle nous avons ajouté notre touche de peinture pour mettre des mots en image et écrire la partition musicale de la vie. Je pourrais continuer fort longtemps, en vous parlant d’Eau de Lune, un spectacle Vivant présenté par Nathalie Larose (création) et Joanna Goodale (musique) dans la prairie, des enfants qui s’ébattent dans la Charente derrière le domaine, les Chansons d’Amour engagées pour un monde meilleur par Jean-Louis Briolet et Michèle Attallah, qui vont faire danser et chanter les festivaliers, et tant d’autres choses encore.

Nous ne sommes pourtant restés que deux jours et non la semaine entière ! Comment ne pas succomber à une discussion avec Robert l’accordeur de 73 ans qui vous parle piano et psychanalyse ou à cette créatrice qui sait faire apparaître des fées dans l’écorce des arbres, et qui pleure lorsqu’un coup de vent fait « mourir » l’une de ses créatures chutant d’une table.

Festipiano c’est aussi l’ancrage des convictions dans le réel. Chaque festivalier lave son assiette, utilise des toilettes sèches, prend soin de l’autre, prend le temps d’une accolade place des bisous. La nourriture est végétarienne et les pianos disséminés un peu partout se taisent lorsqu’on mange.

20160617 - festipiano

Je ne suis pas en train de te décrire le monde parfait mais pas loin. Bien entendu ceci se déroule le temps d’une parenthèse amoureuse et les festivaliers, les artistes conservent leurs contradictions et leurs imperfections. Il y eut aussi ce moment où, après un quatre mains avec un pianiste rencontré avec bonheur à l’atelier biodanza, je n’ai pas ressenti le partage que j’attendais. Je me suis sentie mal pendant une heure, parce que le charme était rompu un moment et que je m’en pensais responsable.

Malgré ce léger bémol je peux affirmer que la Yes attitude a encore porté ses fruits.

 

 

Le chemin de la joie est par là.

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4 commentaires sur “Festi’pian ohh !

  1. Coucou 🙂 Eh beh ça a l’air d’avoir été génial. Pour Facebook, tu as tout à fait raison, tout dépend de l’utilisation qu’on en fait. Perso, je sais que je m’en sers pour garder contact avec des personnes éloignées, j’ai aussi mes pages photos et celle de mon blog. Et puis tout comme toi, je regarde les événements, les pages… sans y passer toute la journée.

    Merci pour ce bel article 🙂 De gros bisous.

  2. Merci Florence pour ce voyage au cœur de ce festival si créatif, c’est très agréable de te lire et d’entrer dans ton univers plein de poésie ! Continue sur ce chemin de joie, il met de la couleur dans le cœur !

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