Fantastique

captain fantastic

J’aurais pu faire de nombreux choix pour nourrir la rubrique inspiration de ce blog, puisque de l’inspiré j’en croise tous les jours.

Sans trop avoir à réfléchir j’ai souhaité te parler de Viggo. Oui, le Mortensen. Si tu doutes encore de l’existence des extra-terrestres je t’apporte aujourd’hui la preuve irréfutable de leur existence. Mieux encore, ils sont déjà parmi nous.

C’est quoi cette preuve ? Viggo à lui tout seul. Cet homme n’est pas un homme. Tout d’abord si tu es une femme tu l’as remarqué, il est beau, viril, avec un charisme de ouf. Ça c’est juste pour l’enveloppe corporelle. Ensuite ce type possède un nom qu’on dirait un nom de scène tellement tu peux le faire rouler sous ta langue avec délectation encore et encore. C’est ainsi, à la naissance tu peux t’appeler Jean-Daniel Prout ou Viggo Mortensen. Gertrude Grosjean ou Scarlett Johansson.

Maintenant que j’ai posé le personnage tu te dis que c’est un peu léger pour en tirer des conclusions sur ses origines cosmiques. Alors je poursuis, tu me diras ce que tu en penses à la fin. Parlons-en de ses origines. Père Danois et mère Américaine, le type se balade un peu partout genre Venezuela, Argentine, et bien entendu Danemark, New York. Comme il squatte à peu près tous les points du globe à la fois, je ne peux tous les citer, il parle bien entendu anglais danois espagnol parfaitement. Et pour s’amuser il se débrouille aussi en français, italien, suédois et norvégien…

Ok on pourrait statuer sur la chance d’être né beau, bien nommé avec des parents globe-trotters qui font de lui un homme ouvert et polyglotte. Sauf que ça ne fait que commencer. Ce type, écolo ça va de soi, est cultivé. Viggo MortensenIl excelle en art dramatique -création rapide de sa propre pièce à succès- et quand il se fait connaître c’est avec la mythique trilogie de Tolkien. Quand il écrit de la poésie il ne se contente pas d’être bon, il crée une maison d’édition exigeante. Quand il peint, ses œuvres sont choisies pour apparaître dans le film qu’il tourne et il finit par les exposer dans une galerie d’art. Idem pour la photographie, qu’il affectionne. Parfois il lui reste un peu de temps alors il est musicien de jazz et joue avec des pointures.

Bon tu commences à me croire lorsque je te dis que ce type n’est pas humain ? En plus c’est le genre à se marier sans s’arrêter à la première starlette venue, il lui faut de l’esprit. J’ai cherché je te jure, je n’ai trouvé qu’un seul truc pour me faire penser qu’il doit être mi-humain mi-extra-terrestre, il est passionné de football. On est d’accord, le football c’est bien la preuve qu’il n’est pas à 100% d’essence supérieure.

Tu te demandes peut-être bien pourquoi je viens te parler de lui. Quel lien avec la joie ? Elle est simple. Je viens de visionner Captain Fantastic au cinéma. Et alors ? Non non rien à voir avec le fait que Matt Ross a filmé Viggo tout nu et de face (je confirme, un extra-terrestre à tout point de vue…) dans une scène qui m’a laissé étourdie et baveuse, agrippée au bras du fauteuil d’une main et les ongles plantés dans le bras de mon homme de l’autre. Non rien à voir vraiment …

Sérieusement, ce film m’a procuré une joie que je voudrais partager avec toi. En fait tu peux oublier tout ce que je viens d’écrire sur le beau Danois, l’acteur nous emmène dans cette histoire bouleversante en faisant oublier le martien. Bouleversante l’histoire, pas larmoyante. J’veux dire le genre de film qui te fait réfléchir, vraiment réfléchir, en profondeur.

Pourquoi ce sujet m’a-t-il à ce point-là touchée au cœur ? Certes c’est l’histoire d’un père de six enfants, un père … fantastique. Alors quelque chose en moi, psychanalytiquement parlant, a bien aimé se réchauffer auprès de lui pendant deux heures. Mais si je n’avais à t’en raconter que le lien avec ma quête du père attentif et admiratif de sa fille, ça n’aurait pas d’intérêt et pour le coup, ne serait guère joyeux. Car je cherche encore.

L’intérêt de ce film c’est son sujet. Le choix de vivre en marge des règles absurdes et déconnectées de la société, avec ses enfants au fond des bois. D’aucun trouveront que ce père est un peu trop performant. Il connait à peu près tout sur tout et possède tellement de talents et compétences que ce n’est plus un père, c’est un couteau suisse. Pourtant quand on connait Viggo, qui dépèce et fait cuire lui-même un animal renversé par accident en Nouvelle-Zélande, lors du tournage avec Peter Jackson, on se dit qu’un tel homme existe vraiment. Il le dit d’ailleurs, ce rôle était sur mesure, il avait lu, bien avant d’accepter le rôle, Noam Chomsky, figure vénérée par cette famille hors norme pendant tout le film.

Ce sujet m’a émue parce que je partage en gros 95% des valeurs mises en avant dans ce film. Il m’a mise en joie car, par la grâce d’un scénario, j’ai su que je n’étais définitivement pas seule à penser qu’un autre modèle éducatif, un autre mode de pensée, un autre rêve existe pour nos enfants. Que je ne suis pas seule à faire ce rêve encore et encore.

Très modestement j’ai fait l’école à la maison avec mes enfants un temps et surtout j’ai quitté récemment l’Education Nationale, tellement obsolète dans sa vieille proposition qui date de l’émergence d’un monde industriel, avec ses objectifs ouvriers et son idéologie dominante. Ken Robinson en parle mieux que moi, je te remets le lien vers son Tedx -devenu- fameux.

Mais ce n’est pas que cela, ce film c’est aussi sur ce qu’on peut et doit dire aux enfants. C’est sur le respect de la planète, c’est sur la liberté, la connaissance, l’art, la nature, la mort, la consommation, les dérives des religions, le sens de la vie. Il nous montre le chemin de joie et d’amour que nous devrions tous emprunter, que nous emprunterions immédiatement si nous n’étions pas des ignorants.

Je vais emporter ce film longtemps dans mes rêves. Cela t’étonnera peut-être de m’entendre dire que je n’ai pas été choquée des nombreuses scènes de chasse. Les enfants, eux, n’ont pas des couteaux suisses, mais de vraies armes effilées. Certes je suis végétarienne. Certes je suis convaincue que nous sommes fondamentalement herbivores et que l’omnivorisme n’est qu’un opportunisme de bon aloi lorsqu’il faut en passer par là pour compléter son régime alimentaire. Or dans ce mode de vie extrême au fond des bois, il se justifie et se vit dans le respect et la nécessité.

J’ai tout aimé de ce film, qui n’occulte pas non plus les zones d’ombre, le besoin de lien avec la médecine moderne qui sauve à l’occasion, de lien avec la société pour mieux l’appréhender. Et aussi le jusqu’au boutisme de ce père qui pense à tort que la nature sauve de tout, mais je ne vais pas tout spoiler hein ?

Si tu fais partie de ces personnes qui ont commencé à ouvrir leur yeux sur le dysfonctionnement de ce monde, que tu penses comme Krishnamurti que Ce n’est pas un signe de bonne santé que d’être adapté à une société malade, ce film est fait pour toi.

Je suis en joie de savoir qu’un réalisateur et son équipe ont essayé de faire leur part de colibri, d’éclairer la voie qui pourrait nous sortir un jour de la médiocrité de notre condition humaine. C’est l’histoire d’un film qui élève et donne de l’enthousiasme, de l’espoir, la force de transformer l’essai pour ôter coup de burin après coup de burin cette gangue qui emprisonne notre cœur et m’oblige à tenir un blog sur la joie pour la rechercher.

Je continue, je continue.

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