Douce heure

douceur

Ce blog c’est celui de mon ascension vers la joie, ou dit autrement, l’expression du désir d’ouvrir toujours plus grand ma conscience, donc mon cœur.

Or je pose un constat sur ma vie. Pour tout dire, ce constat beaucoup de mes amis l’avaient fait pour moi. Leur conseil ? M’accorder plus de douceur. Rien que de l’écrire cela provoque une crispation physique en moi. Car la douceur m’est étrangère. Pour plusieurs raisons :

  1. La première, un degré d’exigence trop élevé que j’ai envers moi-même, ce qui  ne va pas de paire avec le lâcher prise, le p’tit cousin de la douceur.
  2. La deuxième tient à mon histoire familiale. On n’a jamais vu un punching ball tenir le coup en s’armant de douceur. Des armes il m’a fallu en forger, des armures aussi beaucoup. N’est pas Benjamin Malaussène qui veut. Pourtant j’ai lu tout mon Pennac.
  3. La troisième découle de mon parcours de vie, la santé étant ce qu’elle n’est plus, depuis treize ans chaque minute relève de la lutte, de l’effort, de l’inconfort, de la peur du relâchement fatal.

Une lettre pourtant sépare le mot douleur du mot douceur.

Alors cher lecteur j’ai décidé de transformer l’essai et de m’offrir ce luxe absolu. La DOUCEUR. Ce que je dois dépasser pour y parvenir ? La peur que mon conditionnement psychique a créée : Douceur = baisser la garde = mise en danger. Quoi d’autre ? La culpabilité. Dans la plus pure tradition judéo-chrétienne il est interdit de mettre de la douceur dans sa vie. Sinon ? Sinon au mieux tu es superficiel et égoïste, au pire tu es jalousée par celles et ceux qui n’arrivent pas à se l’accorder non plus ou te renvoient leurs problématiques personnelles dans la face (manque de temps , manque d’argent, manque d’amour, manque de…). Ils sont légions. Je ne suis pas responsable pour eux et m’auto-punir en permanence ne les aidera en rien, pas plus que mes difficultés n’affectent leur quotidien. Il me faut dépasser la crainte de ce que les autres vont penser, et aussi la comparaison permanente avec mon prochain, de wonder woman  en passant par Mère Teresa.

Ma vie est unique.

Je réunis tout mon courage et me lance dans cette aventure totalement nouvelle, prendre soin de moi. Je décide donc d’arrêter de blinder mon emploi du temps de tâches ménagères, d’impératifs tous plus intenables les uns que les autres, d’associatif et bénévolat en tout genre, et tant d’autres injonctions dignes d’une dictature. Ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit, je n’arrête pas tout, je ne deviens pas une autre personne, juste j’allège, j’élague, je m’accorde des coupes franches.

Concrètement, en plus de ces coupes franches dans mon emploi du temps, voici ce que j’ai commencé à tester, totalement nouveau pour moi :

  • Prendre un bain et me prélasser à onze heures du mat (non ce n’est pas irrespectueux des gens qui triment au même moment).
  • Ne pas attendre la dernière semaine, acculée, pour utiliser un bon massage cadeau vieux d’un an (oui j’y ai droit puisqu’on me l’a offert).
  • Me faire épiler enfin (non je ne suis pas une femme futile et oui le repas peut attendre).
  • Lire un bon roman à l’hôpital (non je ne suis pas un être insensible en n’accordant pas systématiquement mes cinq heures de perf à écouter mon/ma voisin(e) éplorée).
  • Débrancher mon téléphone (Oui même quand on ne travaille pas on a le droit d’être injoignable et d’avoir la paix à certains moments).
  • M’offrir un p’tit plaisir (Oui je peux me le permettre et la bourgeoisie a du bon).
  • Faire un resto en pleine semaine avec des amies (Oui certaines bossent chez elles, ou bossent le WE, ou ne bossent pas tout court comme moi et tant mieux pour nous !)

indien douceur

Tu l’auras compris, j’ai bien l’intention de me donner de la douceur tous azimuts. Je ne peux rattraper le temps perdu à observer la légèreté et l’insouciance des autres adolescents sans y avoir accès. Je ne peux rien faire non plus pour changer le regard de toutes ces personnes qui pensent connaître ma réalité sans m’avoir jamais connue bourreau de travail ni avoir partagé une heure de mes souffrances et terreurs nocturnes. Je jette aux orties le passé et la culpabilité, la peur et le regard de l’autre. Je m’accorde le droit de me choyer.

Tiens, je vais même me vautrer dans la douceur. A moi les heures alanguies au soleil de printemps, les p’tits restos avec mon amoureux, les chocolats fins, les bulles de savon, les heures de piano ou d’écriture à en oublier de préparer le repas, les spectacles, la crème sur mon corps dans la salle de bain, les marches au bord de l’océan, les rires de mes enfants, les dépenses inconvenantes, les petits matins au potager, les moments de pure contemplation et j’en passe.

Mon très cher, comme à toi je me souhaite de l’amour, de la santé, de l’argent et du bonheur en veux-tu en voilà. Et comme toi sans doute parfois, lorsque l’occasion se présente à moi de l’une de ces opportunités joyeuses, je m’interdis de la vivre au nom de ceux qui n’y ont pas accès dans l’instant.force douceur

Ma croyance la plus profondément ancrée, pire que toutes celles énumérées juste avant ? Si je fonce dans cette direction le malheur s’abattra sur moi pour avoir osé la joie et la plénitude de goûter la vie. Quelle ignorance que la mienne du principe même de la vie qui n’a d’autre but que de se goûter chaque seconde.

Je te laisse, j’ai rendez-vous avec moi, NOW.

 

 

 

11 commentaire sur “Douce heure

  1. Rah, Benjamin Malaussène <3
    Lol, oh que oui s'offrir un restau avec les copines en pleine semaine, c'était génialement doux !!!
    Je t'embrasse fort (ah non, avec douceur)
    Bises

  2. Hello Florence

    Je te confirme que non le malheur ne va pas s’abattre sur toi parce que tu as osé prendre un peu de temps pour toi.

    De mon expérience personnelle dans la liste des raisons pour lesquelles « je faisais » il y avait aussi le besoin d’être vu, la peur d’être seule et oubliée. Besoin d’être aimée quoi.

    Des bisous doux
    Christine

  3. J’adore les citations de la plume (réf. les images de ton article)
    J adore aussi le ‘ se vautrer dans la douceur’
    Et ravie de te savoir dans l expérience de ce doux programme hygge 🙂 ( oui c’est tendance ‘hygge’ – concept danois)
    Douceur = se considérer comme sa douce sœur 😉
    Bisous

  4. Excellent crédo ! Mon passage préféré :
    « Tiens, je vais même me vautrer dans la douceur. A moi les heures alanguies au soleil de printemps, les p’tits restos avec mon amoureux, les chocolats fins, les bulles de savon, les heures de piano ou d’écriture à en oublier de préparer le repas, les spectacles, la crème sur mon corps dans la salle de bain, les marches au bord de l’océan, les rires de mes enfants, les dépenses inconvenantes, les petits matins au potager, les moments de pure contemplation et j’en passe. »
    Que dire ? : Florence, je viens de me lever il était 11h ! Il y a une vingtaine d’année j’aurais ouvert les volets en catimini de peur que des voisins s’en aperçoivent ! 😉 là justement il y en avait deux en balade nous avons fais la conversation, j’étais en … pyjama !! 😉 tiens la Bar re Florence ! (Ouais bon !)

  5. Oui on sera tous la chaque instant pour la douceur t’enveloppe et te serre dans ses bras.
    Tu es une gemme, un diamant brut, précieux et unique. Garde ta brillance cachée. Elle n’appartient qu’à toi. Le monde n’a besoin que de bribes pour exister, ton énergie sert à t’elever.

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