Marc Vella

Parmi les nombreuses expériences de vie que j’ai envie de partager ici, je te proposerai régulièrement celles qui ont trait à des sources d’inspiration. Il n’y a pas de parcours vers la joie sans inspiration me semble t-il.

Inspirée par une personne, un lieu, un livre, une chanson, une action, une vidéo, une découverte, peu importe la source d’inspiration, si elle te met des paillettes au fond des yeux c’est qu’elle est sur ton chemin pour une bonne raison.

C’est mon prof de piano qui m’a parlé le premier de Marc Vella. Je n’y ai guère prêté attention, je me suis dit que ça devait être un de ces compositeurs connu des professionnels seulement. Un an plus tard il a prononcé son nom à nouveau, comme une référence pour lui. J’ai encore laissé filé … L’univers est décidément persévérant puisqu’il a fini par me décrire comment le stage d’improvisation qu’il avait vécu chez ce musicien avait été marquant pour lui, et m’a prêté un de ses livres.

Cette fois, ni une ni deux je rentre du cours, m’installe derrière mon ordinateur et googlise ce fameux Vella. Je clique en premier sur cette vidéo et le temps s’arrête.

Je pleure tout du long. Je n’ai jamais rien entendu d’aussi beau, jamais vu quelqu’un incarner à ce point ma pensée. Ses références sont les miennes, son discours parle à toutes les cellules de mon cœur. Mon époux rentre et me trouve en larmes devant l’écran, hébétée. Je lui dis la même chose qu’à toi, que je n’ai jamais rien entendu d’aussi beau.

Cet homme parle d’amour comme d’une évidence, sans avoir peur de paraître niais. Compositeur et virtuose, il aurait pu faire carrière en passant d’une salle de concert à l’autre. Il choisira de mettre plutôt son piano à queue (!) sur une remorque et de partir à travers le monde pour y répandre l’amour. Tu lis bien, projet de vie : répandre l’amour. Wow !!!

A la rencontre de personnes de tous horizons, il ira jusqu’à partager ses tours du monde (6 à son actif) avec des caravaniers, embarqués dans un bus aménagé pour l’occasion.

Aujourd’hui il vit avec ses (deux derniers) enfants et Cathy sa femme dans un vieux corps de ferme en Charente. Ils y ont créé un lieu d’accueil où il fait bon se ressourcer, venir en stage, où, comme nous en avons l’intention ce week-end, participer au festival qu’ils y organisent chaque année.

Il fallait absolument que je rencontre cet homme-là. Je me suis inscrite à un stage d’improvisation destiné aux novices comme aux musiciens chevronnés, complètement inconsciente. J’ai dévoré Eloge de la fausse note avec exaltation. Puis j’ai attendu le fameux week-end avec angoisse. Pas beaucoup mangé une semaine avant.

Des amis (musiciens) m’ont encouragée : C’est chouette que tu fasses ça, moi, même pas en rêve j’oserais. Ok, je pars donc la boule au ventre ce fameux week-end et je me perds en route comme jamais (c’est paumé). Je ne sais à quoi m’attendre lorsque je pose ma valise le premier soir. Lors du premier repas je le rencontre et me demande si je ne suis pas en train de faire une connerie, tellement je suis intimidée. C’est stupide, j’ai toujours été comme ça, lorsque j’admire la démarche d’une personne je suis intimidée. Ce que j’ai vécu pendant ce week-end relève de la grâce. J’ai mis une bonne semaine à me remettre de ce moment.piano vella

Mais je l’ai fait, m’avancer devant ce piano de concert et faire confiance, devant quelques autres stagiaires inconnus, prête à recevoir la critique bienveillante du pianiste.

Je lui ai écrit ceci à mon retour, qui parlera plus que de longs discours (je garde sa réponse pour moi) :

Cher Marc,

De retour chez moi, j’éprouve le désir de t’écrire. Assurément, tu reçois quantité de retours enchantés après ces rencontres amoureuses. Un de plus, un de moins ai-je pensé en hésitant. Conditionnement idiot, il est forcément bon d’exprimer sa gratitude.

Alors voici ce que je voulais te dire ou te redire.

La joie retrouvée, présente dans mon cœur bien avant ce WE musical, a vraiment fait sens lorsque je t’ai entendu t’exprimer face à Michèle Cédric. C’était comme arriver à bon port. J’étais bouleversée par ton témoignage d’amour pour l’humanité. Je n’étais donc ni seule ni folle ? Mieux encore, il y avait donc sur Terre des personnes pour oser incarner cet amour au point d’y consacrer leur vie ? Pourquoi m’as-tu touchée plus qu’un autre, je l’ignore. J’avais déjà serré dans mes bras nombre d’humains inspirés dont je partageais la sensibilité. Je suis souvent revenue nourrie et pleine de gratitude aussi, après ces rencontres. Mais aucune n’a été aussi pénétrante et signifiante que celle avec toi. Ce mystère tu ne le comprends pas non plus, certainement. Tu ne peux qu’accueillir ce rayonnement qui émane de toi et le partager avec la générosité qui te caractérise.

Dans ma voiture hier soir je n’ai pu ni écouter la radio, ni même « dialogues enchantés » pour me tenir compagnie. Je ne supportais que le silence. L’amour qui s’abandonne te disais-je. Oui c’est tout ce que je souhaitais entendre pendant ces deux heures de trajet. Je ne serai plus tout à fait la même après cela. Je veux oser plus. J’ai fait maintes fois l’expérience de la différence pourtant, souvent bien seule en empruntant certains chemins. Mais aussi trop souvent j’arrondissais les angles pour ne pas trop déplaire et me faire accepter. C’est ce vieux réflexe de compromission ancré dans la peur qui m’a encore retenue sur ton piano hier. Ah le piano ! Merci d’avoir soigné cette dernière blessure qui me privait de ce chant.

Bonne nouvelle, tu as raison, il n’y a pas de retour possible en arrière. Je reviendrai te voir avec ma famille, des amis peut-être aussi. Et si tu passes par Bordeaux,  la maison t’est grande ouverte également.

D’ici là bonne reconnexion avec ton corps, en te souhaitant de trouver aussi quelques moments de repos auprès des tiens.

Florence

 

Il y a aussi tout ce que je ne peux raconter dans cet article, comment décrire les émotions qui nous traversent pendant 48 heures passées à oser vivre une telle expérience. Ça te semble peut-être anodin à toi qui me lis, seulement voir ces personnes toutes aussi tremblantes que moi poser leurs mains sur le clavier c’est quelque chose !MarcVella Pouvoir échanger avec l’homme qu’hier encore je me contentais d’écouter depuis mon écran de portable, c’était aussi terrifiant que magique.

Depuis je suis retournée l’écouter donner un concert en faveur d’une école alternative et nous retournons en famille partager un moment autour de festipiano cet été.

Je caresse un rêve secret, participer, avec ma famille encore, à l’une de ses caravanes amoureuses, si l’univers le veut bien…

 

 

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8 commentaires sur “Marc Vella

  1. Coucou Florence ! Super ce blog ! Tu as bien fait de te lancer !! Tu es allée au Festipiano la semaine dernière ?? Marc et Cathy Vella sont des amis très chers , chez qui je vais souvent (Limoges n’est pas loin)… Là, je devais partir pour Marseille , passer quelques jours ; mais ma voiture n’a plus de freins … Je n’ai donc pas osé aller jusqu’à la Touche .. Je le regrette un peu .. Bisous. Marie -Agnès (du Défi 100 jours !)
    1. Merci pour ton commentaire, c’est plaisant de voir un projet prendre doucement vie.
      Tu es la première personne du défi qui me dise connaître Marc et Cathy !! J’en suis très heureuse. J’ai hâte d’échanger avec toi sur ton vécu avec eux. Oui j’étais à festipiano deux jours en famille et j’y retourne pour la semaine entière l’an prochain j’espère. Dire que nous aurions pu nous croiser !! C’est pour 2017 alors ?
      Je ne manquerai pas de faire un article sur cet événement, tout un programme de joie incarnée !
      1. J’étais déjà au premier Festi Piano .. c’était Woodstock !! Je regrette vraiment de n’y avoir pas été cette année .. Mais j’ai tellement besoin de calme , de faire une sorte de retraite … pour me centrer , faire émerger mes vrais désirs .. pour mieux me projeter vers autre chose… J’espère qu’on se verra avant 2017 !!
  2. Coucou Florence
    Immense MERCI pour tes partages et pour ton blog ! Tu es une personne bien inspirante & j’admire (jalouse un peu ?!?) ta création 😀 Je suis actuellement dans une démarche similaire à la tienne : création d’un blog sur l’éveil spirituel d’un blonde au parcours un chouia chaotique. Au delà de ce parallèle, j’ai eu l’occasion moi aussi de rencontrer Marc Vella lors d’un de ces concert/conférence à Louvain-La-Neuve (Belgique) il doit y avoir 3 ou 4 ans maintenant. Et je me rappelle en être sortie ressourcée et apaisée & aussi emplie de la conviction que moi aussi j’étais capable de partager de cet amour là !
    Alors, je comprends fort bien que le rayonnement de Marc ait modifié une part de toi… Il est de ces personnes qui augmentent la vibration de leur entourage.
    Et je vois que Nolika a aussi lu l’article 🙂 Toi aussi Nolika, tu as ce pouvoir là : la musique est le plus beau des langage car il n’utilise pas les mots pour toucher le coeur, seule la vibration et l’harmonie des sons opère.

    Gros gros bisous ! Chaud au coeur !
    Nancy

    1. Oh c’est exactement ce que tu décris, des personnes qui augmentent la vibration de leur entourage. C’est de cet ordre là avec Marc. Nolika a en effet beaucoup de talent et le bonheur de s’exprimer par la musique. Cela dit je pense qu’il existe mille et une façons de vibrer autour de soi sans avoir à être musicien. A chacun son langage.Ton message m’a touchée et je te remercie de me dire que tu peux y voir une forme d’inspiration. C’est … inspirant pour moi justement. Oh non pas de jalousie, même légère, elle nous aveugle et nous fait oublier combien nous sommes uniques. Je me permets de recopier le fameux poème évoqué dans le cercle des poètes disparus :

      O moi ! O la vie ! Les questions sur ces sujets qui me hantent,
      Les cortèges sans fin d’incroyants, les villes peuplées de sots,
      Moi-même qui constamment me fais des reproches, (car qui est plus sot que moi et qui plus incroyant ?)
      Les yeux qui vainement réclament la lumière, les buts méprisables, la lutte sans cesse recommencée,
      Les pitoyables résultats de tout cela, les foules harassées et sordides que je vois autour de moi,
      Les années vides et inutiles de la vie des autres, des autres à qui je suis indissolublement lié,
      La question, O moi ! si triste et qui me hante – qu’y a-t-il de bon dans tout cela, O moi, O la vie ?

      Réponse:
      Que tu es ici – que la vie existe et l’identité,
      Que le puissant spectacle se poursuit et que tu peux y apporter ta rime.

      Walt Whitman
      Extrait de Feuilles d’herbe (1872)

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